Procès de l'ex-juge Delisle: sa femme aurait eu un bon moral avant sa mort

La victime, Marie-Nicole Rainville...

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La victime, Marie-Nicole Rainville

Pierre Asselin
Le Soleil

(Québec) L'état d'esprit de Marie-Nicole Rainville ainsi que sa mobilité, dans les mois qui ont précédé sa mort, ont été au coeur des témoignages entendus jeudi après-midi au palais de justice de Québec, où se déroule le procès de son mari, Jacques Delisle.

Une ergothérapeute et une thérapeute en réadaptation physique ont décrit les deux mois pendant lesquels elles ont travaillé avec Mme Rainville, à la suite de deux chirurgies qu'elle avait subies pour soigner une fracture de la hanche.

D'après l'ergothérapeute Marie-Josée Tremblay, Mme Rainville ne pouvait pas se déplacer sans s'appuyer sur une marchette de sa seule main valide, la gauche. Selon elle, il aurait été difficile pour la dame de 71 ans de transporter un objet dans ces conditions.

Rappelons que la femme de l'ex-juge est morte le 12 novembre 2009, d'une balle de calibre 22 tirée par le pistolet appartenant à son mari. La vie du couple avait basculé en 2007 quand Mme Rainville s'est vue paralysée de tout le côté droit à la suite d'un ACV. Deux ans plus tard, une fracture à la hanche l'oblige à subir deux interventions pour l'implantation d'une orthèse.

Suivront deux mois d'une difficile réadaptation physique. Danielle Marceau, thérapeute en réadaptation physique, a vu Mme Rainville cinq jours par semaine, à raison de séances quotidiennes de 40 minutes, pendant tout le mois de septembre et d'octobre 2009.

Réadaptation

Selon elle, Mme Rainville faisait preuve d'un bon moral et d'une attitude positive. Aux débuts de la thérapie, la patiente de 71 ans ne pouvait ni se lever et encore moins se déplacer seule. À la fin, elle était en mesure de se lever, de s'asseoir avec une aide légère. Elle aurait aussi pu se déplacer seule, avec une marchette, mais elle ne l'a pas fait, craignant une nouvelle fracture de la hanche.

«Aucune réadaptation ne se fait sans douleur, a observé la thérapeute. Mme Rainville se plaignait de spasmes musculaires qui la tenaient éveillée la nuit parfois.»

«Mais quel était son état d'esprit?» lui a demandé Me Steve Magnan, procureur de la Couronne. «Elle était très déterminée. Elle savait que la progression serait ardue, mais je garde un souvenir positif de cette dame qui a bien progressé et s'est améliorée.»

Marie-Josée Tremblay a toutefois dépeint un autre état d'esprit. «Cette dame, qui parlait plusieurs langues avant son AVC, parlait peu et elle cherchait ses mots. Elle se fatiguait rapidement, avait peu d'endurance, et il arrivait qu'elle préfère rester couchée toute la journée.»

On a aussi entendu le témoignage de Roland Truchon, président du syndicat des copropriétaires du Boisé des Augustines, où vivait le couple.

Me Jacques Larochelle, qui assure la défense de l'ex-juge, a voulu savoir si le témoin avait observé un changement dans l'humeur de Mme Rainville au fil des dernières années.

Celui-ci a décrit une dame «enjouée et gaie» avant son ACV de 2007. Il dit aussi avoir noté une grande détérioration, lorsqu'elle est revenue de l'hôpital en novembre 2009, dans la semaine qui a précédé sa mort. «Elle était triste, elle n'était plus joyeuse comme elle l'avait déjà été, ça, c'est sûr», a-t-il commenté.

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