Le 2 mars 2003, l'Américain, qui résidait à Montréal à l'époque, avait causé un face-à-face sur la route 175, en roulant à une vitesse excessive et en multipliant les manoeuvres dangereuses de dépassement. Les conditions routières étaient difficiles en raison de précipitations de neige.
En plus d'avoir fourni une fausse identité après l'accident, le conducteur fautif s'est volatilisé jusqu'en octobre, au moment où il a été retrouvé au New Jersey. Mercredi, lors des représentations sur la peine au palais de justice, il a tenu à s'excuser à la famille de la défunte, qui n'a jamais manqué une audience devant la cour.
«Si je pouvais changer ma vie pour la personne décédée, je l'aurais changée, je suis désolé, c'est un accident», a-t-il exprimé, en fondant en larmes.
Il a aussi indiqué que sa femme, qui réside aux États-Unis, avait donné naissance, il y a trois semaines, à leur deuxième enfant. «Je ne serai pas là, mais c'est correct. Il faut que je paie pour ce que j'ai fait.»
Devant ces regrets, la fille de la victime est venue à la barre, ce qu'elle n'avait pas eu la force de faire auparavant. «Quand t'es pas coupable, t'as pas besoin de te sauver», a lancé Laurie Grenon-Mainville, qui, alors âgée de 16 ans, a été grièvement blessée dans l'accident.
«Je ne crois pas vraiment, aujourd'hui, aux remords», a-t-elle dit avec émotion, reconnaissant «que des accidents, c'est possible». La jeune femme de 26 ans s'est toutefois questionnée sur les années de fuite de l'accusé. «Pendant ce temps, j'aimerais savoir s'il a passé des belles années, parce que nous autres, ç'a été un enfer.»
Répercussions
Le procureur de la Couronne, Me Michel Fortin, avait exposé un peu plus tôt les nombreuses répercussions de l'accident sur les proches d'Hélène Grenon, en particulier sa fille Laurie. Celle-ci sera bientôt libérée de son emploi au sein des Forces armées canadiennes, puisque, depuis deux ans, elle souffre de dépression et d'inconfort en raison de ses blessures subies en 2003. Elle consulte toujours des professionnels de la santé.
Jose Manuel Lora a plaidé coupable, en février, aux accusations de conduite dangereuse ayant causé la mort et des lésions ainsi que de fraude à l'identité, puisqu'il s'était fait passer pour Alexander de Leon - qui est en fait son cousin.
La Couronne a proposé à la juge Hélène Bouillon d'imposer à Lora une peine de pénitencier de trois ans et demi pour les deux chefs d'accusation. «Ce n'est pas un accident, c'est un acte criminel», a plaidé Me Fortin, en rappelant que l'accusé a «persisté» dans sa conduite dangereuse alors qu'il aurait dû l'adapter aux mauvaises conditions routières.
L'avocat de la défense, Me Jean Daudelin, a réclamé une peine globale de 36 mois à laquelle serait soustraite la détention provisoire de Lora. Me Daudelin a d'ailleurs demandé que la détention préventive de son client soit comptée en double pour atteindre 13 mois. La peine souhaitée par la défense serait donc de 23 mois.
La juge Hélène Bouillon rendra son jugement le 6 juin.