La procureure de la Couronne, Sarah-Julie Chicoine, a d'abord éclairci les circonstances tragiques ayant conduit à la mort par balle du bambin de deux ans et demi. Jeudi soir, Nicolas Lacroix s'est rendu chez la mère de la victime, une amie du secondaire, après qu'elle se fut plainte sur Facebook qu'un homme ne cessait de la harceler.
L'homme de 36 ans a fait irruption sur la rue Foisy avec une pochette renfermant un «douze», selon la jeune mère. Il lui a alors montré l'arme sans la sortir complètement de l'étui, disant vouloir lui expliquer comment elle fonctionnait. Lacroix a ensuite inséré une cartouche dans la chambre de l'arme, puis l'a refermée. À ce moment, le petit Nathan a placé sa tête au bout de la table où ils se trouvaient pour faire «un coucou» qui lui sera fatal.
«J'ai le temps de penser "Je devrais dire à Nathan de se tasser de là" et là j'entends boum!» a relaté Me Chicoine en récitant la déposition de la mère du bambin, avant de s'arrêter, la voix étranglée par l'émotion.
Le jeune garçon est mort sur le coup, a-t-elle ajouté, en précisant que l'arme n'avait pas de cran de sûreté et que la balle a perforé l'étui. Le juge Verdon a demandé à ce que le récit fait par la Couronne soit raccourci, voyant que Lacroix sanglotait sans cesse, accroupi dans le box des accusés. «C'est-tu nécessaire, monsieur le juge? Ces images-là, je les ai, c'est incessant depuis ce qui est arrivé», a-t-il exprimé, en pleurs.
Le père de l'accusé, Ghislain Lacroix, est par la suite venu lancer un cri du coeur au juge. Il a indiqué qu'il craignait pour la vie de son fils, qui n'a bénéficié d'aucun soin adapté à son «état de crise» à l'infirmerie de la prison.
«c'est un accident»
Ghislain Lacroix a aussi mentionné que la mère de la victime l'avait contacté samedi pour lui dire qu'elle se souciait de la santé de l'accusé. «[Elle] a dit: "Nicolas est venu pour m'aider, il est pas venu pour me menacer. C'est un accident." Elle a dit "Je l'aime pis je veux pas qu'il meure"», a-t-il partagé.
À plus d'une reprise, l'avocat de la défense, Me André Girard, a refoulé ses larmes, incitant le juge Verdon à suspendre les procédures pendant quelques minutes.
Le président du tribunal a finalement consenti à libérer Nicolas Lacroix à plusieurs conditions, en se montrant préoccupé par le fait qu'il puisse «subvenir aux besoins de son fils», Gabriel. Lacroix a dû fournir un engagement personnel de 1500 $, dont un dépôt de 500 $, alors que son père s'est engagé pour 5000 $ sans dépôt.
L'accusé devra se rendre dans les prochains jours à l'urgence psychiatrique de l'Hôtel-Dieu de Lévis pour recevoir les traitements appropriés. À sa sortie de l'hôpital, il devra demeurer chez ses parents, où il sera soumis à un couvre-feu, en plus de se trouver en tout temps avec un adulte au courant de sa situation. Il devra également se départir de ses diverses armes de chasse et de poing.
«Pour moi, mon fils Nicolas, avec qui j'avais du plaisir, c'était mon bras droit, mon homme, mon poteau. Il est mort jeudi soir. Maintenant, il faut que je vive avec le nouveau Nicolas qui va sortir d'ici», a affirmé Ghislain Lacroix, avant de quitter le palais de justice avec son fils.
Nicolas Lacroix reviendra devant la cour le 11 juillet.