Enfant tué à Lévis : «c'est de ma faute»

Nicolas Lacroix de Lévis a été accusé d'homicide... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Nicolas Lacroix de Lévis a été accusé d'homicide involontaire du petit Nathan. L'incident se serait produit peu après l'arrivée de l'homme chez la mère du garçon.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Nicolas Lacroix, 36 ans, de Lévis a été accusé d'homicide involontaire du petit Nathan,  deux ans, tué par balle, jeudi soir, dans une résidence de la rue Foisy. Triste coup du sort, le drame se serait produit alors que l'inculpé s'était rendu chez la mère et la victime muni d'une arme à feu qui devait  les protéger d'un présumé harceleur.

«Je placottais avec Mélanie [mère de Nathan] quand le gars est arrivé. Elle l'attendait dehors avec Nathan. Il est sorti du char bleu qu'il a stationné dans mon entrée. Il est arrivé avec une étui en cuir noir d'environ deux pieds de long. Je pensais que c'était une raquette de tennis.»

À ce moment précis, Maurice Gauvin, qui demeure en face du lieu du drame, était loin de se douter de la funeste suite. Son récit se déroule seulement quelques minutes avant le coup de feu fatal. «Je n'avais jamais vu ce gars, mais Mélanie semblait bien le connaître», raconte-t-il.

À peine retourné à l'intérieur, M. Gauvin a été attiré par des bruits dans la rue. «Je voyais l'homme dehors sur la galerie qui se prenait la tête.» La mère était aussi sortie de la maison, visiblement en crise.

«C'est de ma faute»

Puis Lacroix s'est couché dans l'herbe, visiblement en crise lui-aussi, ne cessant de répéter qu'il était responsable de la mort de l'enfant.

Nancy Bergeron, une voisine, a aussi assisté à la terrible scène. «Je le voyais crier et je lui disais de me laisser rentrer dans la maison. Il me répondait que je ne devais pas. Il ne voulait pas que je vois ça.»

Comme M. Gauvin, elle n'a pas entendu le coup de feu qui a enlevé la vie à l'enfant. Cependant, les propos de l'homme ne laissaient aucun doute sur la gravité de l'événement qui venait de se dérouler au 15, rue Foisy.

«Tout ce qu'il faisait, c'était pleurer. Il voulait se suicider. Je lui disait de me parler, que j'étais là. Il n'y avait rien à faire. Quant à la mère, elle ne cessait de pleurer», ajoute-t-elle.

Au lendemain de l'événement, M. Gauvin peinait encore à s'imaginer la douleur de la famille. «Je voyais le petit de ma fenêtre, couché par terre. C'est terrible. En-dedans de deux secondes, leur vie a changé», lance celui qui tend vers la thèse selon laquelle Nicolas Lacroix s'était rendu chez Mélanie Bissonnette avec une arme pour la protéger après qu'elle se soit plainte de harcèlement sur Facebook.

Dévasté

Nicolas Lacroix a été accusé, hier après-midi, d'homicide involontaire coupable et de négligence criminelle causant la mort. Lors de sa brève comparution au palais de justice de Québec, l'homme de 36 ans est demeuré muet, apparaissant figé et dépassé par les événements.

La Couronne s'est opposée à ce que Lacroix recouvre sa liberté. Sous sa recommandation, la juge Marie-Claude Gilbert a suggéré que l'accusé soit détenu à l'infirmerie en attendant son enquête sur cautionnement, qui se tiendra le mardi 8 mai.

À la sortie de la comparution, le père de Nicolas Lacroix s'est dit dévasté par le «terrible événement». «On est deux familles qui vivent la catastrophe», a-t-il exprimé au Soleil.

Nicolas Lacroix possède des antécédents judiciaires de conduite avec les facultés affaiblies remontant à 2009 ainsi que d'introduction par effraction dans un dessein criminel, pour lesquels il avait écopé d'une peine de 5 mois en 1995.

Avec Olivier Parent

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