«Le vol se déroulait normalement, jusqu'à ce que je remarque des gens qui semblaient un peu en panique quelques rangées en biais devant moi», explique l'ambulancier qui compte plus de 17 ans d'expérience. «Mon instinct a vite pris le dessus. Je me suis levé et j'ai vu un homme qui semblait en arrêt cardiaque», raconte-t-il.
L'ambulancier de carrière sait que dans ce genre d'incidents, chaque seconde compte. «Je me suis rapidement rendu à ses côtés. Un médecin était déjà là. Il y avait aussi un policier et une infirmière. J'ai confirmé l'arrêt cardiaque et tourné le patient sur le côté sur le banc.» Le temps pressait. Les manoeuvres de réanimation devaient être pratiquées au plus vite.
«J'ai demandé au personnel s'il y avait un défibrillateur à bord. On en a rapidement apporté un.»
L'espace est restreint, mais il faut coucher le patient au sol. On le dépose dans l'allée. Tommy Chouinard tente de s'installer du mieux qu'il peut avec l'espace dont il dispose, une jambe en l'air et l'autre sur un banc.
«C'était très étroit. J'étais à sa tête et j'ai commencé le massage cardiaque pendant qu'on installait les capteurs de défibrillation sur le patient.»
Un, deux, trois, quatre, le massage est commencé. Trente pressions rapides suivies de deux insufflations, et on recommence. Tommy Chouinard continue de masser la poitrine de l'individu inerte pendant que le défibrillateur analyse les données pour déterminer la meilleure action à prendre. L'homme et la machine travaillent conjointement pour sauver une vie. Un seul choc est recommandé.
«J'ai dit à la personne qui tenait le défibrillateur d'appuyer sur le bouton clignotant. Je ne pouvais le manipuler moi-même, j'étais trop loin.» Le choc est appliqué. Le corps inanimé sursaute. Rapidement, un faible pouls est noté, mais le patient est toujours inconscient. Quelques minutes plus tard, le miracle se produit. L'homme revient à la vie, très confus. «Je ne sais pas s'il s'est rendu compte de ce qui s'est passé. Généralement les souvenirs ne reviennent que plus tard.»
L'homme est conscient, mais son état est toujours critique. Le vol doit atterrir d'urgence en Floride pour qu'il soit transporté à l'hôpital. L'action est un succès. Après cette courte escale forcée, l'avion redécolle vers le soleil de Varadero.
«Il n'y a pas eu de panique à bord. J'ai senti une légère agitation, sans plus. Dans un avion, les bancs sont élevés et on ne voit pas vraiment ce qui se passe autour», dit le héros du ciel qui est catégorique. «S'il n'y avait pas eu de défibrillateur à bord, l'homme serait décédé. Nous avons travaillé en équipe pour le sauver.»
Héros en 30
Cet événement qu'a vécu M. Chouinard confirme l'importance d'une formation en RCR pour celui qui milite activement pour que La Pocatière offre une formation appelée Héros en 30, qui vise à prodiguer la formation RCR en 30 minutes. «Ce qui m'est arrivé démontre que ça peut se produire n'importe où, n'importe quand. Il est important que le plus de gens possible soient formés.»
Tommy Chouinard sauve des vies depuis plus de 17 ans. Pourtant, il vit différemment les suites de cet événement.
«Dans mon métier, nous avons rarement de l'information après nos interventions. Cette fois, j'étais en civil, en vacances, je ne travaillais pas. J'aimerais avoir des nouvelles de l'état de santé de cet homme, que je ne connais pas», conclut-il.
Soyez sans crainte M. Chouinard. Sunwing confirme qu'il est rentré chez lui et va bien. Grâce à vous.