Le forcené du pont Laporte retourne en prison

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(Québec) C'est finalement le chemin de la prison qu'a pris Alexandre Aubin. Le juge René de la Sablonnière a en effet ordonné mercredi la détention provisoire de l'individu ayant provoqué la fermeture complète du pont Pierre-Laporte durant trois heures, vendredi.

«Vous n'apprécierez pas», a prévenu le magistrat en commençant à s'adresser à l'individu de 33 ans. Puis, le juge de la Sablonnière s'est dit convaincu, après avoir discuté avec Aubin durant l'audience de mardi, que celui-ci était apte à comparaître.

Perspicace, le magistrat a discerné, malgré le verbiage manipulateur d'Aubin, son véritable problème, soit d'avoir développé une forte dépendance à l'OxyContin, un analgésique très puissant. Tout examen pour déterminer sa responsabilité criminelle au moment de gravir la structure du pont Pierre-Laporte devenait donc superflu.

Par ailleurs, d'estimer le juge, il y aurait eu une forte probabilité qu'Aubin commette d'autres infractions s'il avait été remis en liberté. Suggérant implicitement qu'il aurait avantage à se trouver un avocat pour le représenter, le juge de la Sablonnière lui a indiqué que, s'il en avait eu un, il lui aurait suggéré de s'engager dans une thérapie pour se libérer de sa dépendance.

Plutôt calme, quoique tout aussi volubile que la veille, à son arrivée dans la salle d'audience, Aubin a perdu toute retenue. «J'ai le droit de pas souffrir toute ma chienne de vie, tabarnak!» a-t-il vociféré.

«Vous êtes corrompu!» a-t-il ensuite lancé au juge en puisant allégrement dans son répertoire de jurons et en passant du vouvoiement au tutoiement. Lorsque le juge de la Sablonnière a ordonné d'expulser le prévenu, ce dernier a crié, en lui faisant un doigt d'honneur: «Moé, j'suis pas à genoux, j'suis deboutte!»

Il a aussi eu le temps d'offrir de plaider coupable à l'accusation de méfait à laquelle il fait face. De fait, il était ouvert à toutes les possibilités, sauf à celle de retourner en prison. Au début de l'audience, en effet, un Aubin beaucoup plus posé que mardi avait déclaré que «la nuit porte conseil» et qu'il était disposé à subir une évaluation psychiatrique. «J'suis pas méchant, pis c'est quasiment une aubaine pour moé, a-t-il convenu. La prison, c'est pas ma place. J'ai peur et j'aime pas ça. Chaque fois, je reçois des coups de poing parce que j'suis baveux.»

L'enquête préliminaire de l'individu, dont la durée devrait être d'une demi-journée, aura lieu le 1er mai.

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