Un homme surpris à se masturber au bureau en a assez du procès public

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Pierre Bélanger regrette que des membres de la famille voisine de l'hôtel de ville de Témiscouata-sur-le-Lac, dont des enfants, aient été témoins du geste de nature personnelle qu'il a posé et dont il se dit repentant. Mais il estime qu'il faut relativiser les choses.

 

Marc Larouche, collaboration spéciale
Le Soleil

(Rivière-du-Loup) L'ancien directeur général de la Corporation Avantage Témiscouata Pierre Bélanger en a assez. Il y a quelques semaines, l'homme a été surpris alors qu'il se masturbait à son travail. Il admet le geste et le regrette. Toutefois, il estime que l'affaire prend des proportions exagérées.

«Est-ce que les gens veulent que je me suicide? Je fais la manchette aux nouvelles depuis une semaine. Je suis complètement à terre», a-t-il dit au Soleil, mardi, avouant avoir eu des idées suicidaires.

«J'ai pensé en finir dans une chambre d'hôtel à Québec. Avant de partir, j'avais même écrit une lettre d'adieu à mon épouse.» Décidant plutôt de s'arrêter au quai de Rivière-du-Loup, il a reçu des textos de consoeurs de travail. «Ça m'a fait réfléchir. J'ai décidé de rentrer à la maison.»

Le 6 février, Pierre Bélanger était à son travail à la Corporation lorsqu'il a été surpris par le voisin alors qu'il se masturbait en visionnant un film pornographique sur son ordinateur. Il était dos à une fenêtre. Le store était mal fermé. Le voisin a porté plainte à la Sûreté du Québec. L'enquête a déterminé qu'il n'y avait pas matière à déposer des accusations.

Or, depuis, plutôt que de s'éteindre, le brasier n'a fait que s'attiser par un procès public.

«Pierre ne voulait évidemment pas se donner en spectacle. Tout ce que je peux lui reprocher, c'est d'avoir utilisé à ces fins le matériel informatique de la Ville», dit le maire de Témiscouata-sur-le-Lac, Gilles Garon, qui a accepté la démission de M. Bélanger. Mais l'homme à l'origine de la plainte, estimant que le maire avait voulu minimiser l'affaire, a demandé sa démission. Une page Facebook a même été montée.

«Jusqu'où doit-on subir l'opprobre?» écrit M. Bélanger dans une lettre qu'il entend faire publier et qu'il a lue au Soleil. «Ce geste mérite-t-il de briser une réputation professionnelle de 32 ans? [...] Si j'avais fait un important geste criminel, je n'aurais jamais eu autant de visibilité.»

A-t-il l'intention de s'excuser auprès de celui qui a porté plainte? «J'ai voulu le rencontrer, il n'a jamais accepté. Jamais je ne m'excuserai à lui. Il me fait pitié.»

Pierre Bélanger ne veut qu'une chose : reprendre une vie normale. «Je veux qu'on nous laisse vivre en paix moi et ma famille. J'ai commis un geste malheureux, je le regrette et j'en assume l'entière responsabilité. Mais c'est assez. J'ai tué personne et je n'ai pas l'intention de me cacher.»

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