La Couronne veut faire incarcérer Laplante-Sanschagrin

(Québec) Le ministère public a demandé hier à la Cour supérieure d'annuler l'ordonnance de mise en liberté provisoire de Sylvain Laplante-Sanschagrin, l'individu accusé d'avoir été mêlé à l'homicide de Guy Berthiaume, en août, à Val-Bélair, et d'avoir fait partie du réseau «familial» de trafic de stupéfiants démantelé en janvier.

Alléguant avoir en main une preuve nouvelle, la procureure de la Couronne, Me Nadia Bérubé, a soutenu que le prévenu de 33 ans a menti aux policiers lors de ses premiers interrogatoires. Pour en faire la démonstration, un enquêteur de la police de Québec, Martin Daigle, a témoigné sur les événements survenus les 17 et 18 août 2011.

Dans la soirée du 17, de dire le policier, Berthiaume s'était présenté au garage exploité par son cousin, Sylvain Laplante-Sanschagrin. Visiblement intoxiqué, le recouvreur de dettes pour une organisation criminelle insistait pour qu'une somme d'argent lui soit remise, brisant tout sur son passage. Il a fallu que Laplante-Sanschagrin lui remette 500 $ pour le calmer.

Or, il appert que lors de son interrogatoire, ce dernier a tenté de minimiser les faits. Selon l'enquêteur, une vidéo fait clairement voir que «ça brassait» et que les deux hommes ont eu une importante altercation, bien qu'aucun coup n'a été échangé.

En ce qui concerne la journée de l'homicide de Berthiaume, le prévenu a assuré qu'il avait travaillé à son garage comme à l'habitude. La vidéo captée par la caméra de surveillance démontre plutôt qu'après y être arrivé, Laplante-Sanschagrin a eu plusieurs conversations téléphoniques, puis qu'il a fermé les portes du garage et qu'il a quitté les lieux.

La preuve de la police

Contre-interrogé par l'avocat de l'individu accusé de l'homicide involontaire de Berthiaume, Me Christian Bélanger, l'enquêteur a reconnu que toute cette preuve était en possession de la police lors de l'enquête sur mise en liberté provisoire de Laplante-Sanschagrin. Il n'en avait toutefois pas fait mention dans son témoignage livré à ce moment.

Selon Me Bérubé, le juge de la Cour du Québec a mal analysé plusieurs éléments qu'elle lui avait soumis lors de l'enquête. Si Laplante-Sanschagrin ne s'est pas sali les mains en participant lui-même au passage à tabac de Berthiaume, estime Me Bérubé, il a organisé la riposte contre son propre cousin en rémunérant les deux hommes qui se sont rendus à son domicile. «S'il a pu faire ça en continuant ensuite à trafiquer avec toute sa famille, de quoi est-il capable, en liberté, d'autant qu'il sait que des gens ont donné des informations sur lui?» a demandé la procureure.

De son côté, Me Bélanger a affirmé que Laplante-Sanschagrin n'était pas le débiteur de la dette que venait recouvrer Berthiaume dans la soirée du 17 août. De plus, le prévenu remis en liberté depuis deux mois a toujours respecté ses conditions.

«C'est la preuve qu'on peut lui faire confiance, a plaidé l'avocat. Il serait peut-être commode de le détenir, mais ce n'est pas nécessaire. Il n'y a aucun élément supplémentaire important permettant de réviser l'ordonnance de remise en liberté.»

La juge Michèle Lacroix, de la Cour supérieure, a pris la requête en délibéré.

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