Incendie mortel à Beauport

Jean-François Néron
Le Soleil

(Québec) Un couple a péri et trois autres personnes ont été blessées mardi matin dans un violent incendie qui a ravagé trois immeubles de logements entre les 105e et 106e Rue à Beauport, près de la chute Montmorency.

Une des victimes... (Collaboration spéciale Steve Jolicoeur) - image 1.0

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Une des victimes

Collaboration spéciale Steve Jolicoeur

L'appel d'urgence fait à 6h57 mentionnait que des flammes semblaient avoir pris naissance dans un espace restreint entre deux bâtiments donnant sur l'avenue Morency. À leur arrivée, des pompiers ont fait le sauvetage d'au moins trois personnes. Parmi elles, une des deux victimes, Michel Gagnon, 58 ans.

Les ambulanciers ont reçu un premier appel à 7h08. Une fois sur place, ils ont tenté de secourir cette première victime identifiée, qui était alors en arrêt cardiorespiratoire. Ils ont appliqué les techniques de réanimation, en vain.

Caroline Brasseur, superviseure pour la Coopérative des techniciens ambulanciers du Québec (CTAQ), précise que trois autres personnes ont été conduites à l'hôpital. L'une pour soigner des problèmes respiratoires et des brûlures, et les deux autres en raison d'un choc nerveux.

Pendant que la soixantaine de pompiers s'affairaient à combattre le brasier, il manquait toujours une personne à l'appel. Elle a été retrouvée un peu plus tard, gisant à l'intérieur. Son corps a été transporté en milieu d'après-midi. Il s'agit de la femme de M. Gagnon, Andrée Côté, 61 ans.

Trois immeubles

Le couple habitait le 205, 106e Rue. C'est l'un des deux loyers du rez-de-chaussée de la maison de deux étages située à l'intersection de l'avenue Morency. Les locataires des deux autres immeubles voisins de trois étages, aussi touchés par le brasier, s'en sont sortis indemnes.

Au total, 10 logements ont été touchés par les flammes, qui se sont propagées à une vitesse folle. «Ce sont des bâtiments assez vieux avec des ossatures en bois. Ça brûle très vite», relate Serge Couillard, porte-parole des pompiers. Les dommages sont très importants. Une personne du service des incendies, bien au fait de ce genre de sinistre, soutient que les trois immeubles sont une perte totale.

Le feu a été maîtrisé peu avant 9h. En après-midi, des pompiers étaient toujours sur place pour s'assurer que le brasier ne reprenne pas vie. Des enquêteurs du commissariat aux incendies ont passé toute la journée sur les lieux et devaient rester une partie de la soirée pour tenter de déterminer l'origine de ce feu meurtrier. Ils pourraient s'y rendre encore mercredi.

Plusieurs témoins devaient être rencontrés pour déterminer le fil des événements. Les limiers devaient aussi attendre l'extinction complète de l'incendie avant de pouvoir fouiller les décombres à la recherche d'indices.

Yannick Côté (à gauche) et Claude Roach étaient... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 2.0

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Yannick Côté (à gauche) et Claude Roach étaient inconsolables de n'avoir pu sauver Andrée Gagnon.

Le Soleil, Yan Doublet

Les pompiers ont fait le sauvetage d'au moins... (Steve Jolicoeur, collaboration spéciale) - image 2.1

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Les pompiers ont fait le sauvetage d'au moins trois personnes et ont tenté de réanimer, en vain, une des deux victimes, Michel Gagnon, 57 ans.

Steve Jolicoeur, collaboration spéciale

Devoir... inachevé

Même si son collègue et lui ont accompli un geste de bravoure en tentant de secourir l'une des victimes prisonnières des flammes, Yannick Côté demeure amer de n'avoir pu la sauver.

L'homme, qui possède une entreprise d'excavation, effectuait des travaux en face du lieu du drame lorsque l'incendie s'est déclaré.

«En chargeant le camion, j'ai vu qu'il y avait des flammes. On a ramassé les pelles et tout de suite ont a été en dedans. On est parti à la course et on a averti le monde qu'il y avait le feu. On a essayé de rentrer en rampant. On n'a pas été capable. On a essayé de rentrer par en arrière en cassant les fenêtres. On n'a pas été capable», raconte-t-il.

«On a sorti un monsieur et il nous a dit qu'il y avait quelqu'un d'autre. On a crié, on a crié. On s'est rendu jusqu'à la salle de bains. Mon chum me tenait les jambes, mais je ne voyais plus rien. Je commençais à tousser. Y était temps qu'on ressorte. C'était rendu trop dangereux. On aurait aimé ça sortir la madame», relate pour sa part le second sauveteur, Claude Roach.

Visiblement, les deux hommes ont le sentiment du devoir... inachevé, particulièrement M. Côté, qui tient des propos durs envers lui-même alors que plusieurs personnes le félicitaient pour le geste posé.

«On est rentré, on l'a pas sortie, on n'a pas de mérite. On a essayé, on ne s'est pas rendu. Quand on me donne une claque dans le dos, c'est que j'ai accompli quelque chose. Là... [silence] Elle est morte. Tout le monde vient me voir : "Bravo, bravo." Y a pas de bravo, elle est morte, osti.»

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