Apache et Ti-Loup sont les deux seuls chiens encore vivants de la meute que possédaient Pamela Landry et son conjoint. Celui-ci ne souhaite pas que son nom soit publié. Le couple avait amorcé il y a un peu plus de deux ans le projet d'ouvrir un chenil de chiens de traîneaux.
Selon Mme Landry, les chiens ont commencé à mourir de façon inexpliquée à la fin 2011. «Un jour, j'allais les nourrir et ils allaient bien. Le lendemain, un chien était étendu dans sa cabane. Il n'était plus capable de se lever. Y avait juste la tête qui bougeait, pis les yeux», explique la dame, des sanglots dans la voix.
En raison d'une situation financière devenue précaire en cours d'année, aucun vétérinaire n'a été appelé, précise Mme Landry. Les corps ont été placés sous une bâche au fond du terrain.
Des voisins mis au fait de ce qui se passait ont contacté la police, qui s'est rendue vendredi à la résidence du couple, située chemin Neuf à Cap-Santé. «Pensez-vous vraiment que nous avons maltraité nos chiens après avoir investi plus de 8000 $ en nourriture et en installations?» lance Mme Landry.
Patricia Dupuis est une voisine qui a porté plainte à la police et à la SPA. «Ça faisait pitié. J'en ai vu des chiens attachés partout à moitié morts. Tu voyais qu'il y avait de la négligence, terriblement», soutient-elle.
Pas la première fois
D'autres personnes, dont Kathleen Marcotte, propriétaire d'un refuge pour animaux, ont aussi alerté les médias. Celle-ci explique que ce n'est pas la première fois qu'une plainte est déposée contre ce chenil.
En avril 2011, la SPA se rendait visiter les lieux. À l'époque, la plainte faisait état d'extrême maigreur des chiens et de conditions d'hygiène déficientes. Les inspecteurs avaient alors réclamé des propriétaires qu'ils construisent des abris aux animaux alors attachés aux arbres. Toutefois, l'organisme n'avait pas cru bon retirer les bêtes à leurs propriétaires.
Encore aujourd'hui, Mme Marcotte croit que la mort des huskys ne serait pas survenue si, l'an passé, les organismes contactés avaient retiré les chiens de cet endroit.
Pamela Landry n'en démord pas. Ses chiens étaient bien nourris. La manière dont ils sont décédés lui laisse plutôt penser qu'ils ont été empoisonnés parce qu'ils dérangeaient quelqu'un, sachant qu'il leur arrivait parfois de japper en choeur. La vérification faite, mardi, permettra peut-être de tirer au clair cette affaire puisqu'une autopsie sera pratiquée sur le corps d'un des chiens.