L'Alerte AMBER (America's Missing : Broadcast Emergency Response) est rarement déclenchée au Québec parce qu'elle répond à des critères trop stricts. Même l'enlèvement de Cédrika Provencher en 2007 à Trois-Rivières n'avait pas fait l'objet d'une telle alerte.
Celle élaborée par la SQ répondra à des critères plus souples. Premièrement, elle inclura les cas de disparitions d'adultes.
«L'alerte AMBER ne concerne que des enfants. Nous, on vise toute personne à risques imminents pour la vie. La disparition ne doit pas découler nécessairement d'un acte criminel. Ça peut être une personne malade, suicidaire qui doit prendre des médicaments pour sa survie ou dont l'absence est en complète contradiction avec ses habitudes», indique le capitaine Martin Hébert, responsable du comité de coordination provinciale en matière de disparition ou d'enlèvement.
Par exemple, la disparition en décembre dernier de Jeannine Sévigny, 60 ans, aurait justifié le déclenchement de ce genre d'alerte. La dame dépressive avait quitté à pied un établissement de Laurier-Station où elle habitait. Elle a été retrouvée morte quatre jours plus tard dans une grange située 5 km plus loin.
«Actuellement, les médias n'ont aucune obligation de diffuser ce genre d'information. Nous devons donc établir des partenariats avec eux pour qu'ils en parlent. Nous voulons aussi approcher les sociétés de transport de Montréal et de Québec et les propriétaires de panneaux publicitaires le long des autoroutes. Un site Web serait aussi créé», illustre M. Hébert.
Les corps policiers du Québec tentent d'évaluer combien de cas par année pourraient être diffusés de cette manière. «Il ne faut pas non plus désensibiliser le public», avertit le capitaine. Une alerte ne pourra donc pas être déclenchée chaque fois qu'il y a une disparition [des milliers par année] d'où l'importance, souligne le policier, d'établir des critères précis.
Critiques
Le 17 février, Andrée Béchard, mère de Marilyn Bergeron, disparue il y a trois ans, critiquait le travail de la police de Québec et réclamait la création d'une équipe spécialisée. Le 28 février, c'était au tour du père du jeune disparu David Fortin au Saguenay de se demander pourquoi les recherches avaient été aussi longues à démarrer.
Plusieurs voix s'élèvent, encore, pour la création d'une équipe spécialisée d'enquêtes des personnes enlevées ou disparues. Même si elle est souvent critiquée pour la lenteur de son travail, la police persiste à dire que le système actuel est efficace.
Sur ce point, le capitaine Hébert réitère que le modèle d'échanges d'informations entre les corps policiers de la province créé en 2009 est efficient. «Nous avons réduit le temps d'intervention et avons mis sur pied un outil [un formulaire] qui nous permet de mieux évaluer les risques pour la vie.»
Le modèle est inspiré des Américains et des Belges. En mai, tous les agents de la province suivront une formation en ligne sur la disparition de personnes. «C'est plus profitable d'avoir 14 000 policiers formés qui connaissent leur rôle qu'une escouade de 15 personnes assignées à temps plein et qui peuvent rapidement être débordées par le nombre de dossiers», conclut-il.