«Ça n'a aucun rapport avec le hockey. C'est quelque chose qui peut arriver à n'importe quel moment. Il (le jeune) aurait pu être en train de manger du spaghetti ou de jouer au Nintendo», explique d'entrée de jeu l'entraîneur adjoint de l'équipe, Frédéric Chabot. Ce dernier ainsi que l'entraîneur du jeune homme, Éric Blouin, ont tenu à faire le point avec Le Soleil en fin de soirée après avoir rencontré la famille du hockeyeur à l'Hôpital de l'Enfant-Jésus. Celle-ci a par ailleurs demandé à ce que le nom de leur fils ne soit pas publié puisque tous ses membres n'ont pas encore été avisés de l'accident.
Au cours de la journée, la machine à rumeurs s'est emballée dans les médias alors que certains liaient l'accident aux débats entourant les commotions cérébrales dans le sport de glace. Mais les entraîneurs, qui ont parlé à plusieurs reprises aux médecins soignant l'adolescent, disent avoir eu la certitude que ce dernier est tout simplement malchanceux. «Ça arrive à une personne sur 500 000, et c'est très rare que ce soit des jeunes de cet âge-là», souligne M. Chabot, qui précise par ailleurs que les contacts sont interdits au niveau Pee-Wee CC. «Ça n'a aucun lien», répète-t-il, ajoutant que le jeune homme n'avait connu aucun incident notable ou problème de santé avant samedi.
C'est plutôt en très grande forme qu'il est arrivé sur la glace en début de soirée. «Il faisait des blagues, il était de bonne humeur», raconte Frédéric Chabot. C'est aux trois quarts de la première période, après une mise au jeu, que l'ailier droit s'est dirigé vers le banc des joueurs en se plaignant de maux de tête. Une minute plus tard, il s'évanouissait sur les jambes de son entraîneur. Lorsqu'il est revenu à lui, il disait ne plus sentir son corps, suait à grosses gouttes et vomissait, relate Éric Blouin.
Ce dernier a demandé à l'arbitre d'interrompre la partie et a ordonné aux autres membres de l'équipe d'attendre dans le vestiaire. Le jeune homme a été transporté par ambulance au CHUL. C'est en fin de soirée samedi que la mauvaise nouvelle est tombée. «Nous avons appris qu'il avait eu une rupture d'anévrisme due à une malformation à la naissance et que les médecins n'étaient pas parvenus à le soigner comme ils le voulaient», raconte M. Blouin, encore sous le choc. L'adolescent avait été transféré à l'Hôpital de l'Enfant-Jésus.
L'équipe et les dirigeants de l'organisation Hockey uni de Montmorency (HUM) ont alors appelé le Centre de crise de Québec en renfort. Dimanche matin, des intervenants ont rencontré les 15 autres membres de l'équipe et leurs parents pour leur expliquer ce qui s'était passé. Selon Frédéric Chabot, aucun jeune n'a réagi de la même façon, certains éprouvaient de la peine ou même de la colère. Mais d'un commun accord, ils tous réclamé que le chandail de leur coéquipier soit sur le banc lorsque l'équipe disputera sa première partie des séries éliminatoires samedi. Les jeunes ont aussi demandé à leurs entraîneurs de produire des autocollants avec le numéro de leur camarade. Tous l'arboreront sur leur casque la fin de semaine prochaine.
Selon M. Chabot, le jeune hockeyeur était l'un des plus appréciés de l'équipe. Celui qui s'était fait confier le rôle d'assistant du capitaine était celui qui faisait le cri de ralliement avant chaque partie. Après un début d'année difficile, l'ailier droit s'était grandement amélioré, si bien que ses entraîneurs avaient bon espoir de le voir évoluer dans une équipe Bantam. «Avec son niveau de jeu, son assurance et son physique, il était devenu l'un de plus dominants de l'équipe», assure Éric Blouin.
«C'est un battant», confirme Frédéric Chabot. Les larmes aux yeux, il raconte que les médecins lui ont également confirmé la grande force de l'adolescent. Alors que dimanche les prédictions sur son état de santé étaient plutôt sombres, hier soir, les nouvelles étaient encourageantes. «Ils nous ont dit que c'était miraculeux qu'il soit encore en vie», laisse tomber l'entraîneur adjoint.