Accident de Plessisville: de longues heures d'attente pour les familles

Un autocar s'est renversé sur la route 165... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Un autocar s'est renversé sur la route 165 vendredi matin, faisant deux morts et des dizaines de blessés.

Le Soleil, Erick Labbé

Ian Bussières
Le Soleil

(Québec) Même si leurs proches étaient décédés lors de l'arrivée des ambulanciers sur les lieux de l'accident d'autocar à Plessisville peu après 8h samedi matin, les membres des familles de Maurice Turcotte et de Denise Jalbert-Doyon, les deux victimes de l'embardée, n'en ont été avisés que près de cinq heures plus tard.

«Je ne comprends pas, car j'écoutais la radio en matinée et la police parlait toujours de deux personnes gravement blessées, mais d'aucun décès. Pourtant, quand mon frère s'est rendu à l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska en début d'après-midi, ils lui ont dit qu'elle était morte sur le coup», confiait hier au Soleil Jeannot Doyon, fils de la résidante de Thetford Mines âgée de 70 ans.

«Je comprends que la police ne souhaitait pas dévoiler les noms des victimes au début, mais il me semble qu'ils auraient pu le dire qu'il y avait deux morts. Moi, je croyais que ma mère serait blessée, peut-être gravement, mais pas décédée puisqu'ils disaient qu'il n'y avait pas de décès», poursuit-il.

Jeannot Doyon avait tenté en vain d'obtenir plus d'information plus tôt dans la journée. «Ma soeur m'avait dit que notre mère était dans cet autobus, alors j'ai appelé au numéro de téléphone qui avait été mis à la disposition des familles des victimes. La réceptionniste m'a transféré à l'urgence et là, on a pris mes coordonnées, me disant que j'allais être rappelé. On ne m'a jamais rappelé. Je l'ai su seulement quand j'ai reparlé à ma soeur quelques heures plus tard parce que mon frère avait eu confirmation du décès quand il s'était rendu à l'hôpital vers 13h», poursuit-il.

La femme de Maurice Turcotte, un homme de Stratford âgé de 67 ans, avait une histoire semblable à raconter. «J'étais inquiète dès que j'ai vu ça aux nouvelles, car je savais que mon mari était dans cet autobus pour Akwesasne. Je ne savais pas qu'il était décédé. J'ai appelé son cellulaire et ça ne répondait pas, mais je croyais que c'était parce qu'il l'avait fermé. Personne ne m'a contactée», explique Annette Plante.

Pas de nouvelles

Incapable d'en savoir plus sur la condition de son mari, la femme dit s'être rendue à l'Hôpital général de Thetford Mines pour avoir plus d'information. C'est là, vers 14h30, qu'un policier lui a annoncé la triste nouvelle. «Depuis, j'ai pu parler à mon beau-frère, qui l'accompagnait dans l'autobus, et au moins, il m'a dit que Maurice n'avait pas souffert, que ça s'était passé vite et qu'il avait eu le cou brisé», poursuit la dame.

Du côté de la Sûreté du Québec, le sergent Claude Denis a signalé que son service ne pouvait annoncer officiellement des décès sans le constat officiel de décès. «Et ça, ça se fait à l'hôpital. En matinée, nous n'avions pas la confirmation officielle. On l'a eue vers 13h. Nous devons être très prudents là-dessus. Aussi, quand quelqu'un décède et que la famille n'est pas avisée, par respect et pour éviter une panique, on ne dévoile pas ces informations immédiatement», conclut-il.

Amateurs de casino

Annette Plante a indiqué que le casino était l'un des loisirs préférés de son défunt mari. «Il y allait souvent! Akwesasne, Charlevoix, Montréal, et c'était une affaire de famille. Cette fois, deux de ses soeurs et son frère ainsi que leurs époux étaient aussi du voyage. Ma belle-soeur a été blessée assez sévèrement dans l'accident et ils l'ont transférée à l'Hôpital de l'Enfant-Jésus pour lui faire un corset, car ils craignaient qu'elle ait des vertèbres fracturées», poursuit-elle.

Annette Plante indique d'ailleurs qu'elle accompagnait souvent son mari dans ses voyages au casino. «Cette fois, j'ai décidé de ne pas y aller en raison de mes maux de dos et que je trouvais que c'était loin, Akwesasne. L'un des frères de mon mari devait y aller aussi, mais il a également annulé», fait-elle remarquer.

Quant à Jeannot Doyon, il signale que sa mère aimait aussi beaucoup fréquenter les maisons de jeu, notamment le casino de La Malbaie. «Elle y allait au moins une fois par mois dans des voyages organisés.»

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