Pompiers sous enquête: un des bons samaritains dénonce l'acharnement

 

Matthieu Boivin
Le Soleil

(Québec) «C'est un peu spécial ce qui nous arrive. Tout ce qu'on a fait, c'est aider la dame.»

Un des pompiers de Québec, visé par une enquête administrative pour avoir aidé une automobiliste à sortir son véhicule d'une route enneigée, a accepté de se confier au Soleil afin de dénoncer le sort qui lui est réservé à lui et à ses collègues dans toute cette histoire.

«Quand j'ai reçu la lettre à mon domicile qui nous convoquait, j'ai été surpris et je ne l'ai pas été en même temps, a expliqué ce pompier, qui a demandé à témoigner sous le couvert de l'anonymat. D'un côté, ça me renverse parce qu'on n'a rien à se reprocher. De l'autre, il n'y a plus rien qui me surprend au service des incendies, avec toute la tension qu'il y a entre le syndicat et la Ville depuis plusieurs années.»

Ce pompier est convaincu que cette convocation, signée de la main du directeur adjoint aux affaires stratégiques du service, Robert Laperle, n'a pas été signifiée, sur le fond, afin de savoir si les sapeurs avaient travaillé de façon sécuritaire, comme l'a affirmé le porte-parole de la Ville de Québec, Jacques Perron. «Le jour même où ça s'est produit, la direction a eu un rapport complet sur la séquence des événements, raconte-t-il. On a agi de façon sécuritaire, du début à la fin. On n'a fait aucun geste dangereux. On a même eu des félicitations de notre patron immédiat cette journée-là. Alors, ils veulent savoir quoi puisqu'ils ont un rapport détaillé de ce qui est arrivé? Quelle paire de bas je portais cette journée-là?»

Il ne voit pas comment lui et ses collègues pourraient être sanctionnés, alors qu'ils ont uniquement fait preuve de civisme. De plus, force est de constater quand dans l'opinion publique, la décision de la direction du service d'ouvrir cette enquête administrative a très mal passé.

«Il serait arrivé quoi si on n'avait pas aidé la dame? ajoute-t-il. On nous aurait reproché de ne pas être intervenus? Quelle sanction on pourrait nous donner? Il n'y a aucune directive qui nous empêche d'aider une personne qui a besoin d'aide. On a juste agi selon le gros bon sens.»

Le sapeur ne comprend pas ce qu'il qualifie d'acharnement perpétuel de la direction du service des incendies et de la Ville de Québec sur lui et tous ses collègues, alors qu'il estime que les pompiers continuent à offrir une bonne prestation de travail, même si le dossier du renouvellement de leur convention collective traîne en longueur en arbitrage depuis belle lurette.

«On ne fait pas de moyens de pression, raconte-t-il. On donne tout ce qu'on a à donner quand on doit intervenir sur un incendie ou pour toute autre chose.»

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