«Rambo» n'a pas l'intention de s'excuser

 

Steeve Paradis, collaboration spéciale
Le Soleil

(Baie-Comeau) L'agent d'affaires de la FTQ-Construction sur la Côte-Nord, Bernard Gauthier, n'a aucunement l'intention de répondre positivement à la mise en demeure que lui a signifiée Marc Riverin, président de l'entreprise Rénald Côté inc. (RCI) de Baie-Comeau. Vendredi, M. Riverin donnait 24 heures à celui qu'on surnomme «Rambo» pour s'excuser dans les médias après avoir traité RCI d'«entreprise de chaudrons» lors de son récent témoignage devant la Commission des relations de travail du Québec.

M. Gauthier, qui a aussi laissé entendre que l'entreprise ne payait pas ses travailleurs selon la convention en vigueur dans l'industrie de la construction, devait également verser 250 000 $ à l'homme d'affaires pour atteinte à la réputation, toujours selon la mise en demeure. «"Rambo" fait courir la rumeur que je ne paie pas mon monde. C'est insultant, a déclaré Marc Riverin. Contrairement à ce qu'il veut faire croire, nous sommes le plus grand employeur de la région chez les entrepreneurs généraux, avec une masse salariale de 18 millions $ l'an dernier. J'offre de très bons salaires.» Le président de RCI estime également que «la manière d'agir de "Rambo" et de la petite gang autour de lui détériore la réputation des travailleurs de la région de Sept-Îles» auprès des entrepreneurs qui oeuvrent actuellement dans le secteur de Fermont. «On a peur d'avoir des problèmes avec eux», a-t-il ajouté.

«Que M. Riverin fasse ce qu'il a à faire, nous, on fera ce qu'on a à faire», a été la seule déclaration de Bernard Gauthier à propos de la mise en demeure. En ce qui concerne le climat défavorable qui régnerait à Fermont et la réputation des travailleurs de Sept-Îles, "Rambo" a une tout autre lecture des événements. «Il y a des entreprises qui font monter des travailleurs qui font quatre ou cinq métiers rendus là-bas. Les gars de Sept-Îles veulent faire leur boulot, pas celui des autres, a-t-il lancé. Quand tu soumissionnes sur un contrat et que tu prends un gars pour quatre jobs, c'est sûr que tu sauves de l'argent. Le gouvernement a un très gros travail à faire pour faire respecter les conventions.»

M. Gauthier a aussi décoché au passage quelques flèches en direction de la Commission de la construction du Québec (CCQ), qui selon lui a les mains attachées quand vient le temps d'intervenir auprès des entreprises qui ne respectent pas la convention. L'agent d'affaires soutient avoir présenté à la CCQ des listes de travailleurs de certaines entreprises, listes qui étaient très loin de respecter le maximum de 20 % d'employés de l'extérieur de la région.

«On m'a répondu qu'elle [la CCQ] devait constater de visu et qu'il y aurait des poursuites si ce n'était pas en règle, mais elle ne fait rien sur le coup. Le problème, c'est que la CCQ ne peut pas intervenir et, pendant ce temps, il y a des pères de famille de la Côte-Nord qui ne travaillent pas. Les syndicalistes, c'est à ça qu'ils servaient, à ce que la convention soit respectée», a conclu Bernard Gauthier.

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