Triple meurtre à St-Romain: la famille panse ses blessures

Le maire de Saint-Romain, Jean-Luc Fillion, grand-père des... (Photo La Tribune, Ronald Martel)

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Le maire de Saint-Romain, Jean-Luc Fillion, grand-père des petites victimes du drame familial, avait beaucoup de difficulté à accepter les événements, tout comme sa femme, Francine. Ils pouvaient compter sur le soutien de leurs deux autres enfants, Karine et Christian.

Photo La Tribune, Ronald Martel

(Québec) La famille Fillion-Morin de Saint-Romain panse lentement ses blessures à la suite de la tragédie qui l'a secouée vendredi soir, alors que Ginette Roy-Morin et ses petites-filles Laurence et Juliette Fillion ont été assassinées, et que Pascal Morin, fils de Mme Roy-Morin et oncle des fillettes, a été accusé de triple meurtre avec préméditation.

«On commence tranquillement à s'en remettre, mais c'est vraiment plus difficile pour ma bru Claudia, qui avait déjà perdu son père, décédé il y a quelques années, et qui vient de perdre en même temps sa mère et deux de ses quatre filles en plus de savoir qu'elle ne reverra probablement plus jamais son frère», a confié dimanche Jean-Luc Fillion, grand-père paternel des petites victimes et maire de Saint-Romain, en entrevue téléphonique au Soleil.

«Elle n'a plus aucun membre de sa famille directe auprès d'elle, alors c'est doublement difficile. Nous faisons ce que nous pouvons, mais ce n'est pas la même chose que si elle avait son père, sa mère ou une soeur», explique M. Fillion.

L'ignorance rend également le drame encore plus difficile à avaler. «Ce qui est encore plus dur, c'est qu'il n'y a pas de témoin de tout ça, alors on s'imagine toujours toutes sortes de scénarios. C'est difficile de ne pas savoir ce qui s'est passé vraiment et ça fait de la peine à tout le monde.»

Il avoue que rien ne peut préparer une famille à un drame pareil, mais tente tout de même d'utiliser son expérience de vie pour vivre cette douleur. «C'est une grosse blessure, et une blessure comme celle-là, ça ne se guérit pas du jour au lendemain. Ça ne guérira probablement jamais complètement», concède-t-il.

Extrême douleur

Son fils Francis, conjoint de Claudia Morin et père de Laurence (11 ans) et Juliette (huit ans) et de deux autres fillettes, tente lui aussi de passer à travers cette épreuve. «Je jasais avec Francis et il s'aperçoit qu'à un moment donné, il pleure aux cinq minutes, ensuite c'est aux 10 minutes et ensuite aux 15 minutes. Il espère que ça continuera dans ce sens. On n'y va pas une journée à la fois, on essaie d'y aller quelques minutes à la fois», indique Jean-Luc Fillion.

«Je lui dis qu'il lui reste encore deux petites filles de trois et cinq ans qui ont besoin de lui, mais il me répond qu'il aimait autant chacune de ses quatre filles et qu'il ne voulait en perdre aucune! Que voulez-vous répondre à ça?»

«Le plus difficile pour mon fils, c'est qu'en plus de se consoler lui-même, il doit essayer de consoler sa femme, qui souffre énormément. En plus, Claudia était au Mexique au moment où tout ça est arrivé et elle a dû revenir d'urgence ici. Je peux vous dire qu'elle a trouvé le vol de retour très long», poursuit-il.

Réconfort et appui

Dans cette tourmente qui afflige tous les membres de leur famille élargie, les Fillion-Morin ont à tout le moins reçu un bel appui des membres des communautés de Saint-Romain et du village voisin de Saint-Sébastien.

«Ça, c'est vraiment un très grand réconfort! Je ne pensais jamais que les gens pouvaient être si bons!», lance Jean-Luc Fillion en retenant ses pleurs. «J'ai vu le message que la mairesse de Saint-Sébastien, Marie-Douce Morin, nous a envoyé à la télévision et sur Facebook, et ça m'a vraiment touché», poursuit-il.

Pour l'instant, M. Fillion a l'intention de prendre une pause de son travail de maire de Saint-Romain. «Je vous avoue que je ne pense pas vraiment à la mairie, je vais prendre un moment de repos suite à ces événements.»

Quant à la ferme laitière dont il partage la gestion avec son fils et dont les opérations quotidiennes doivent se poursuivre, Jean-Luc Fillion s'est encore une fois dit touché par l'appui manifesté par ses proches.

«Nous avons beaucoup d'amis et de voisins qui se sont offerts spontanément pour venir donner un coup de main à la ferme. Même le vétérinaire qui fait notre régie, et dont le bureau est à Saint-Georges de Beauce, s'est proposé pour nous aider. Je n'en reviens pas encore!», conclut-il, ému.

Pascal Morin, qui a comparu samedi après-midi à partir du quartier général de la Sûreté du Québec à Sherbrooke par voie de vidéoconférence, sera de retour devant un juge aujourd'hui.

Avec La Tribune

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