Prise d'otages en Floride: tragique fin pour un Québécois

Le motorisé d'un couple de Québécois a été... (Photo fournie par Amy Beth Bennett du «Sun Sentinel»)

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Le motorisé d'un couple de Québécois a été pris d'assaut par un forcené à Deerfield Beach, en Floride

Photo fournie par Amy Beth Bennett du «Sun Sentinel»

Marie-Pier Duplessis
Le Soleil

(Québec) Un couple de personnes âgées du Québec s'est retrouvé au coeur d'un drame familial dans lequel trois personnes ont perdu la vie, à Deerfield Beach, en Floride, alors qu'un forcené a fait irruption dans leur véhicule motorisé armé d'un revolver, accompagné de sa femme et de ses deux enfants.

Ovila Plante, 76 ans, de La Tuque, fait partie des victimes, alors que sa conjointe, Pierrette Beauchemin, d'Acton Vale, a réussi à échapper au père de famille en détresse, qui s'est enlevé la vie après avoir poignardé à mort son fils de neuf ans et blessé grièvement sa femme et son deuxième fils de sept ans.

C'est en direct d'Acton Vale, en Montérégie, que Robert Beauchemin a vécu le pire des cauchemars inimaginables. «Premier coup de fil [jeudi] soir vers 19h30 : ma petite soeur qui vit en Floride depuis une quinzaine d'années m'appelle pour m'annoncer que ma mère est prise en otage et que mon beau-père est décédé parce qu'il a été tué par quelqu'un», raconte, sous l'adrénaline, M. Beauchemin en entrevue au Soleil.

Selon le bureau du shérif de Broward, William de Jesus, 41 ans, de Floride, s'est présenté vers 18h20 au véhicule récréatif d'Ovila Plante, pour une raison encore inconnue. Mais Robert Beauchemin explique que le père de famille cherchait un cellulaire et que le couple de retraités aurait fait semblant de ne pas en posséder. C'est alors que l'homme est entré dans le motorisé en sortant son arme à feu et que M. Plante l'aurait poussé pour le faire sortir de sa demeure.

«Mais le monsieur a entraîné mon beau-père dans sa chute et il a fait feu sur lui», poursuit M. Beauchemin. La scène se serait ensuite déplacée dans la salle de bain, où De Jesus a tenu sa famille ainsi que Mme Beauchemin en otages pendant plus d'une heure, avant d'entraîner cette dernière dans la chambre à coucher, «pour la tuer, carrément». Celle-ci aurait profité de quelques secondes d'inattention de son agresseur pour s'échapper et sortir du motorisé.

Six heures en haleine

Le forcené a ensuite tenu les policiers en haleine pendant plus de six heures. L'unité spéciale d'intervention a pu parler avec De Jesus au début, mais celui-ci a rompu les communications par la suite. Il menaçait de tuer ses otages si on tentait de venir le chercher.

Peu après minuit, les policiers sont finalement entrés dans le véhicule récréatif et ont trouvé les corps de De Jesus et de son fils de neuf ans, Jeshiah. Son autre fils, âgé de sept ans, et la femme de De Jesus, âgée de 37 ans, avaient aussi été poignardés, mais ils étaient toujours vivants.

Les enquêteurs ont déterminé que De Jesus a d'abord poignardé ses deux garçons avec un couteau de cuisine trouvé dans le véhicule récréatif, puis a poignardé sa femme avant de s'enlever la vie.

Pierrette Beauchemin a obtenu son congé de l'hôpital et tente maintenant de trouver du réconfort auprès de sa fille qui demeure en Floride. «Elle est complètement ravagée. Ça faisait trois ans qu'elle était avec Ovila et elle était très heureuse avec lui. C'était un homme bon, un homme courageux et encore très alerte malgré ses 76 ans», regrette Robert Beauchemin.

Le fils de la victime, Gérald Laplante, a refusé de parler du drame et a demandé un peu de respect pour l'instant, en disant à La Presse Canadienne qu'il ferait une déclaration dans un jour ou deux.

Deerfield Beach est située à une trentaine de kilomètres au nord de Fort Lauderdale. Les De Jesus habitent Port Orange, à 350 km au nord de Deerfield Beach.

Terreur au camping

La petite communauté du camping Highland Woods, à Deerfield Beach en Floride, où nombre de Québécois se rendent pour passer l'hiver, s'est retrouvée jeudi soir en plein coeur d'un drame surréaliste. Mais la présence des enquêteurs et de l'unité d'élite S.W.A.T. n'avait rien d'une légende urbaine, et un des motorisés de l'allée principale où sont alignés les uns à côté des autres des dizaines de véhicules récréatifs a bel et bien été le théâtre d'un épisode sanglant impliquant une famille d'Américains et un couple de retraités québécois.

«C'est une communauté qui est quand même tranquille, composée majoritairement de Québécois, peut-être 90% de Québécois et quelques Américains», témoigne au Soleil Robert Savard, reporter montréalais chez Cogeco Nouvelles, qui se trouve présentement en vacances à Fort Lauderdale, à quelques kilomètres de Deerfield Beach, où il s'est rendu hier après-midi.

«Les gens là-bas sont sous le choc, parce que ce sont des gens tricotés serré. Les gens se voient tous les hivers, jouent à la pétanque ensemble, se parlent, il y a des amitiés qui se développent», raconte-t-il, à propos du camping où Ovila Laplante et Pierrette Beauchemin s'étaient installés avec leur motorisé pour une troisième saison consécutive.

Droit constitutionnel

Sans aucune surprise, l'incident de jeudi soir est venu semer la terreur dans le voisinage, selon ce que M. Savard a pu constater en allant à la rencontre des résidants du camping. «Les gens réalisent que le port d'armes est un droit constitutionnel aux États-Unis. Et là, ils se sentent moins en sécurité, ils se disent que ça peut arriver demain matin que quelqu'un d'autre pénètre sur le terrain de camping et fasse une autre victime.»

À l'heure actuelle, l'accès au parc de motorisés n'est aucunement contrôlé par un système de barrières et de cartes à puce, comme c'est souvent le cas dans le secteur. Nul ne sait si ce genre d'installation aurait pu permettre d'éviter la tragédie, mais les résidants songent maintenant à faire de la pression sur l'administration du camping pour en améliorer la sécurité.

«Ce qui s'est probablement passé, c'est que la famille d'Américains au centre de ce drame-là a pénétré sur le terrain de camping sans aucun problème, sans être dérangée par personne. Ils ont fait irruption sur le terrain de M. Plante et celui-ci s'est tout simplement trouvé au mauvais endroit au mauvais moment», constate M. Savard, qui reprend la route pour le Québec aujourd'hui.

Avec La Presse Canadienne

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