«Rambo» subira son procès dès mardi matin

Le procès de l'agent d'affaires de la FTQ-Construction Bernard Gauthier ... (Photothèque Le Soleil, Fanny Lévesque)

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Fanny Lévesque, collaboration spéciale
Le Soleil

(Sept-Îles) Le procès de l'agent d'affaires de la FTQ-Construction Bernard Gauthier débutera finalement mardi matin au palais de justice de Sept-Îles. Lundi, le juge Michel Babin a rejeté la requête en arrêt des procédures présentée par la défense, qui craignait que l'impartialité du magistrat soit affectée par les propos tenus par la ministre du Travail, Lise Thériault, dans Le Devoir.

La ministre indiquait alors être convaincue que le procès allait «mettre en lumière certaines pratiques» sur les chantiers de construction. «Il n'est pas normal d'avoir le contrôle d'une région ou le contrôle d'un chantier et de ne pas permettre à certains travailleurs de travailler. [...] On va suivre ça avec beaucoup d'attention», lisait-on.

Le juge Babin a assuré qu'il possédait toutes les conditions pour garder son indépendance et son imperméabilité par rapport aux opinions extérieures, dont celles d'une ministre du gouvernement. «C'est une opinion sur la preuve qu'elle pense qui sera faite», a expliqué le juge. «Ces propos n'auraient peut-être pas dû être tenus, mais je n'y vois pas là une intention d'influence.»

Légèrement déçu par la décision du magistrat, l'avocat de la FTQ, Robert Laurin, s'est toutefois dit rassuré par le sérieux avec lequel le juge Babin avait étudié la requête. «Le juge a pris le temps et la peine de la considérer [...] il va agir de façon objective et ne se basera pas sur les propos de la ministre», a indiqué le procureur, qui jugeait inadmissibles les propos tenus par la ministre Thériault.

Le représentant syndical surnommé «Rambo» ainsi que deux autres salariés membres de la FTQ-Construction, Marc Bérubé et Maxime Létourneau, sont accusés d'avoir intimidé ou exercé des mesures discriminatoires à l'endroit de travailleurs en raison de leur allégeance syndicale, en février 2009, sur le chantier du lac Bloom, près de Fermont.

Ces accusations découlent des recommandations faites par la Commission de la construction du Québec après avoir visité la Côte-Nord l'an dernier. Selon Me Laurin, il s'agirait plutôt d'un règlement de compte d'un entrepreneur frustré par des actions syndicales.

En plus d'être passible d'une amende minimale de 700 $, Bernard Gauthier pourrait être déclaré inhabile à exercer ses fonctions de représentant syndical pendant cinq ans. Le procès devrait se poursuivre au moins jusqu'à mercredi.

Avec la collaboration de Steeve Paradis

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