L'incident de l'école de La Chaumière est survenu le mardi 24 janvier à l'heure du midi. «Un homme à bord d'une automobile a abordé une fillette de six ans en lui offrant des friandises sur la rue René-Chaloult», explique l'agente Catherine Viel de la police de Québec.
Heureusement, l'enfant a évité le piège. Elle a avisé des responsables de l'école qui, à leur tour, ont communiqué avec les parents. Le 25 janvier, le service de police recevait une plainte officielle.
«Depuis l'incident, les policiers ont exercé une surveillance accrue autour de l'école», précise Mme Viel. Encore jeudi, une autopatrouille était stationnée près de l'école à la sortie des élèves à l'heure du dîner.
Des parents rencontrés sur place ont sursauté lorsque Le Soleil leur a appris que l'incident remontait à plus d'une semaine. Ce n'est que le mercredi 1er février que la direction de l'école a donné aux 275 élèves une lettre à remettre aux parents.
«C'est assez décevant d'apprendre ça. Je pense que je vais faire quelques appels à d'autres parents et que la direction va avoir des comptes à rendre», s'indigne l'un d'eux. «Je n'en crois pas mes oreilles. C'est la première fois que ça nous arrive, mais huit jours, ça fait assez ordinaire», lance, visiblement incrédule, Isabelle Gagnon, mère de famille. Celle-ci déplore aussi le fait que la lettre transmise comportait très peu d'informations sur l'incident en soi, dont la date à laquelle il s'est produit.
Délai défendu
Pour sa part, la commission scolaire de la Capitale défend le délai décrié. «On avait déjà l'assurance que les policiers étaient vigilants. Huit jours, ça peut vous paraître long, mais c'est arrivé mardi, il y a eu une journée de tempête vendredi, puis la fin de semaine est arrivée. Lorsque la police nous a dit qu'elle émettrait un communiqué aujourd'hui [jeudi] pour demander l'aide de la population, nous avons fait parvenir une lettre aux parents la veille [mercredi]», explique Éric Parent, responsable des communications.
Mardi, école Saint-Yves à Sainte-Foy. Un élève de sixième année se fait aborder à la sortie des classes par un individu qui l'invite à monter à bord de son véhicule. Le jeune s'enfuit et raconte sa mésaventure à ses parents.
«Dès le lendemain, les parents ont porté plainte à la police et nous ont contactés. Nous avons rencontré les élèves la journée même et leur avons demandé de remettre une lettre à leurs parents le soir même», raconte Alain Vézina, responsable des communications à la commission scolaire des Découvreurs. Les parents de l'école Saint-Louis-de-France, située à quatre kilomètres de l'école Saint-Yves, ont aussi été avisés.
«Lorsque survient un cas semblable, nous avons deux priorités : avertir la police et les parents le plus rapidement possible», poursuit-il.
De son côté, la police de Québec indique que ce sont aux enquêteurs au dossier de juger quand il faut faire appel au public. Dans l'intervalle, les écoles sont libres d'aviser les parents quand bon leur semble.