L'heure était au bilan et aux rires lundi pour les deux copains du secteur Saint-Rédempteur, à Lévis. Ils se revoyaient pour la première fois en présence du Soleil depuis que David, 13 ans, avait pris la direction de l'hôpital.
Ils jouaient ensemble vers 15h30 sur ce qu'ils appellent la «butte» de neige du stationnement de Place Saint-Rédempteur sur la 1re Avenue. Ils y avaient fait un trou à la verticale à partir du sommet.
Les deux cousins de David venaient à peine de rentrer à la maison. Il ne restait plus que David et Charlie. C'est le moment que le malheureux a choisi pour se glisser dans le trou, tête première, les bras le long du corps. David est resté coincé. Seuls ses pieds restaient visibles pendant qu'il se débattait pour sortir. Il risquait l'asphyxie.
«Je ne pensais pas que je ne serais pas capable de sortir», relate David. «Tu respirais-tu dans le trou?», lui demande Charlie. «Au début, j'ai été capable de respirer, après non», lui répond la jeune victime. «À un moment donné, je ne voulais comme pu te parler pour ne pas que tu te remplisses la bouche de neige», rétorque le sauveteur en herbe.
Plutôt que de s'échiner à extirper du trou son ami beaucoup trop lourd pour lui, Charlie a eu la présence d'esprit de chercher de l'aide. Heureusement, des voisins passaient tout près. «J'ai vu le père d'Amélie et je lui ai expliqué ce qui se passait.»
Ce voisin, c'est Jean-François Roy (pas l'ancien chef de police), qui se promenait avec sa conjointe, Nadine Duperron.
«Il nous a expliqué qu'il allait chercher son père. Je me suis dit que j'allais aller voir. Au début, je pensais que c'était une joke d'enfant. Je suis monté sur le banc de neige et j'ai vu les jambes de David. Il se débattait. Je n'ai pas été capable de le lever. Alors Charlie et moi avons essayé de creuser. J'ai appelé ma blonde, qui était en bas du banc, pour qu'elle vienne nous aider. Lorsque les jambes de David ont cessé de bouger, on a paniqué un peu. On a essayé une dernière fois de le tirer tous les deux et ça a marché.»
«C'est l'affaire la plus innocente que j'ai faite», admet le jeune insouciant, sourire en coin. Si le temps passé à l'intérieur du trou lui a paru une demi-heure, il y serait resté en réalité entre cinq et sept minutes.
Liens d'amitié renforcés
David préfère aujourd'hui prendre avec un grain de sel cette mésaventure qui renforce assurément les liens d'amitié. «C'est toi qui as accompli l'acte héroïque», lance-t-il à Charlie. «Moi, je suis juste allé chercher du monde», répond humblement le jeune héros.
Une accolade et une lettre de remerciements remise à Charlie scelleront la rencontre. La mère de David, Karina Angers, était infiniment reconnaissante. «Tu sais que tu es un héros», a-t-elle dit à Charlie à plusieurs reprises.
Elle avait également bien hâte de pouvoir remercier le couple Roy-Duperron, autres héros de cette histoire, sans qui, aussi, David aurait pu trouver la mort.