C'est ce qu'a découvert un chauffeur de 58 ans de la région de Portneuf, qui a été traduit devant les tribunaux après être intervenu auprès d'un garçon de huit ans de façon un peu trop énergique. Une accusation de voies de fait a été portée contre lui, et il s'est présenté devant le juge Pierre Rousseau, jeudi, pour donner ses explications.
Heureusement pour le quinquagénaire, le magistrat, après avoir écouté la narration des faits, lui a accordé une absolution inconditionnelle. La procureure de la Couronne, Me Carmen Rioux, a elle-même relaté les faits au juge, puis, après avoir entendu le chauffeur, elle n'a fait aucune objection à la demande d'absolution de son avocat, Me Jacques Dussault.
Le chauffeur, qui avait toujours été camionneur auparavant, avait accepté de s'occuper d'un parcours particulièrement difficile. Plusieurs de ses confrères n'en voulaient pas, et la femme qui conduisait les enfants avant lui était en burn-out. Bref, l'accusé était le quatrième chauffeur à affronter la tempête, en novembre.
Tumulte quotidien
Essentiellement, le tumulte était causé par deux frères qui s'en prenaient physiquement à deux autres frères, et vice-versa. Donc, les échanges étaient monnaie courante dans le véhicule.
Le jour de son délit, a relaté le chauffeur, il neigeait, la route était très glissante, et lorsque la bagarre a éclaté, il lui était impossible d'immobiliser immédiatement le lourd véhicule. Admettant qu'il avait agi brusquement, le chauffeur a déclaré que l'enfant frappait violemment dans une vitre à coups de poing après un échange de coups de pied et de coups de cartables entre les frères ennemis.
Il l'a alors agrippé et l'a projeté au fond d'un siège. L'homme l'ignorait, mais toute la scène avait été filmée par une élève à l'aide de son téléphone.
Par la suite, le chauffeur a été suspendu durant une semaine, et son remplaçant a quant à lui démissionné après quatre jours. Si le juge lui avait refusé l'absolution, a-t-il expliqué, il aurait définitivement perdu son emploi. Désormais, une caméra placée dans l'autobus capte toutes les incartades des jeunes passagers, et la surveillance a mené à la suspension des frères turbulents.