Joueur blessé au colisée: l'ambulance... une heure plus tard

Dillon Fournier, des Huskies de Rouyn-Noranda... (Photo fournie par la LHJMQ)

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Dillon Fournier, des Huskies de Rouyn-Noranda

Photo fournie par la LHJMQ

(Québec) Le défenseur Dillon Fournier des Huskies de Rouyn-Noranda a souffert durant de longues minutes vendredi soir après s'être disloqué une épaule lors du match contre les Remparts, puisque l'ambulance qui avait été appelée a pris plus d'une heure pour arriver au Colisée Pepsi.

Fournier, qui est considéré comme le leader de la brigade défensive des Huskies, a subi une dislocation de l'épaule et a dû quitter la glace en fin de première période. L'ambulance a été appelée parce que les thérapeutes sportifs étaient incapables de réduire la blessure.

En raison de la très grande souffrance endurée par le hockeyeur de 17 ans, il aura fallu lui administrer des anti-inflammatoires et des médicaments pour faire diminuer ses spasmes alors que l'ambulance tardait à arriver. Le jeune arrière devrait rater de six à huit semaines de jeu.

L'entraîneur-chef et directeur-gérant des Remparts, Patrick Roy, se disait surpris de cette situation. «Ça me surprend tellement! Je ne suis pas au courant beaucoup de l'histoire. Ce que je sais, c'est qu'on a tout fait pour replacer son épaule. Ils l'ont même gelé pour essayer de faire relaxer les muscles pour replacer son épaule. Mais je ne savais pas que ça avait pris une éternité avant d'avoir une ambulance. Je ne comprends pas. C'est sûr qu'il y a des questions à se poser, mais je ne suis pas vraiment la bonne personne à qui les poser», a-t-il déclaré.

À la Coopérative des techniciens ambulanciers du Québec, le président du syndicat, Martin Jobin, était au courant des longs délais avant qu'une ambulance puisse être dépêchée au Colisée Pepsi vendredi.

«Nous savons que ça a été très long. Il y a au moins trois ambulances qui devaient se rendre au Colisée, mais qui ont été détournées avant d'arriver à destination en raison d'accidents de la route ou de transferts urgents. C'est pour ça qu'il y a eu tant de retard», explique-t-il, signalant qu'il avait fallu ajouter une équipe en soirée vendredi en raison du nombre d'appels volumineux.

Situation récurrente

«Il y a eu 155 appels en 13 heures sur tout le territoire, dont plus d'une centaine à Québec. Normalement, pour Québec, nous recevons de 125 à 150 appels en 24 heures», fait-il remarquer, ajoutant qu'une telle situation démontre le besoin d'améliorer la desserte ambulancière de la capitale.

«Des retards comme ça, il y en a tous les jours, car on manque d'ambulances à Québec. Tantôt, nous avons reçu un appel à 13h45 et nous n'avons pu nous y rendre avant 15h15. Ce n'était pas un appel urgent, mais tout de même, c'est beaucoup trop long», poursuit M. Jobin. Le syndicat souhaiterait ajouter de cinq à sept quarts de travail par jour à Québec aux 31 existants, ce qui coûterait environ 1,3 million $ par an.

«L'Agence de santé et de services sociaux et le ministère [de la Santé] s'y opposent tout le temps pour des raisons financières. Pourtant, ça rétablirait un équilibre, car nous avons enregistré une hausse de 30 % des appels depuis 2005, alors que nos effectifs n'ont augmenté que de 20 %», conclut le président syndical.

Avec la collaboration de Kathleen Lavoie

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