Carl Thériault, collaboration spéciale
Le Soleil
(Mont-Joli) L'enfance d'Éric Chenel a été un calvaire, aux prises avec un père agresseur. Sa vie adulte prend la même tournure, puisque son père, Jean-Claude Chenel, un ex-résidant de La Rédemption, au Bas-Saint-Laurent, retrouvera sa liberté le 22 novembre après avoir purgé sa peine de prison pour tentatives de meurtre, agression armée, agression sexuelle et séquestration.
Éric Chenel, qui a porté plainte en 1993, ne veut pas que son père sorte de prison, puisqu'il sera sans supervision.
«L'agent de libération m'a dit que son temps de prison a été fait et qu'il sera libéré. Je suis le plus vieux des cinq enfants, trois ont été agressés, c'est moi qui ai subi le pire avec des armes et tout ce que tu voudras. C'est un monstre et un malade!» affirme Éric Chenel.
Jean-Claude Chenel est inscrit au registre des délinquants sexuels, mais constitue toujours un risque majeur, selon son fils. «Je l'ai vu planter une fourchette dans le ventre de sa blonde pendant qu'elle était enceinte. Il m'a mis un couteau sous la gorge, m'a piqué jusqu'à ce que ça saigne. C'est tout du vécu. J'ai déjà dit à ma mère : "Veux-tu que j'aille tuer papa pendant qu'il dort?" Aujourd'hui, qu'est-ce qui va arriver au petit gars ou la petite fille qui vient sonner à sa porte pour vendre du chocolat pour son école?»
Les conséquences de cette violence ponctuent encore sa vie d'adulte. «À 39 ans, je ne le vois plus, mais il a encore le contrôle total sur ma vie. Il y a un choix qui va se présenter à moi : perdre la vie ou la liberté? J'ai essayé de me suicider. L'année passée, je me suis ramassé en psychiatrie. Je suis prisonnier de moi-même, même si je suis en liberté.»
Éric Chenel veut écrire un livre. «Je ne sais pas si je vais le publier, mais une chose est certaine, ça me fait du bien.»