Six mois de tôle pour 20 000 $ de dette

(Québec) «Quelqu'un qui a environ 20 000 $ de dette, ça va faire plus ou moins six mois d'emprisonnement.»

Distribuer les contraventions aux marginaux a un coût social et pécuniaire considérable, fait remarquer Céline Bellot, coauteure d'une recherche sur la judiciarisation des personnes en situation d'itinérance à Québec.

«Chaque constat d'infraction vaut de 10 à 15 jours d'emprisonnement. On convertit à peu près 20 $ de dette par jour.» Un prisonnier représente un déboursé de plusieurs centaines de dollars quotidiennement tandis que le locataire d'un logement social sera subventionné environ 80 $ chaque jour, selon elle.

«C'est pour ça que la plupart des villes américaines ont arrêté la politique de tolérance zéro. C'est coûteux, c'est contreproductif et injuste.»

Le parcours du «criminel» entre l'émission d'une contravention et l'emprisonnement est aussi fort onéreux, enchaîne sa collègue Marie-Ève Sylvestre. Il faut en moyenne quatre ans à la justice pour juger chaque cause. Les personnes sans domicile fixe ne portent pas toujours attention à leur dossier : «La plupart du temps, le constat d'infraction sera soit perdu, soit ignoré, soit jeté.»

Un juge condamne ensuite le coupable sans sa présence, et un percepteur tente de le retracer pour récupérer les fonds dus. S'il ne peut payer, il doit faire des travaux compensatoires ou être hébergé en prison.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer