Menaces de mort contre Jean Charest: l'accusé plaide non coupable

(Québec) L'individu accusé d'avoir menacé de mort le premier ministre Jean Charest et le député Bertrand St-Arnaud a obtenu ce qu'il voulait, hier : le juge Jean-François Dionne a ordonné sa détention provisoire.

Lors de sa comparution, la semaine dernière, Robert Mitchell, 51 ans, avait déjà indiqué qu'il ne souhaitait pas être remis en liberté en attendant son procès. Se représentant encore lui-même, le prévenu de Richelieu a réitéré son désir de demeurer derrière les barreaux en attendant son procès.

Il a tout de même plaidé non coupable aux accusations et lorsque le procureur de la Couronne, Me Jean-Roch Parent, s'est opposé à sa mise en liberté provisoire, Mitchell s'est écrié : «Je veux rester en prison! Ça fait six ans que je suis victime d'un abus de pouvoir et on me répond par un autre abus de pouvoir!» Traitant allègrement des faits de la cause, le récidiviste a déclaré au sujet de ses courriels menaçants : «Je les ai envoyés dans des blogues, à Mongrain, à Poirier, à une vingtaine de députés, à la Sûreté du Québec et à la sûreté municipale de Richelieu.»

Pour Mitchell, il n'est toujours pas question d'avoir recours à un avocat. «C'est des avocats qui m'ont crissé dans la marde», a-t-il lancé au juge Jean-François Dionne, qui a patiemment tenté d'expliquer à l'individu pourquoi les accusations ont été portées à Québec plutôt qu'à Richelieu, d'où les courriels ont été envoyés.

«Je les ai envoyés à 23 places, jusqu'à Ottawa, a poursuivi Mitchell. Envoyez-moi dans tous les districts, je m'en fous!»

Très volubile et visiblement frustré, voire agressif, l'individu ramène constamment sur le tapis la cause à l'origine de ses déboires et répète que le sort qu'on lui réservera lui importe peu. «J'ai plus aucune crédibilité nulle part et j'ai plus aucune vie dehors. J'ai tout perdu et mon fils ne me parle plus. Je suis mieux traité en prison. J'y ai des chums qui me respectent. Faites ce que vous voulez, câlisse! Faites-vous plaisir, condamnez-moi.»

Querelle de famille

Le procureur de la Couronne a expliqué au juge Dionne que tous les déboires de Mitchell ont débuté à l'époque par une querelle de famille découlant de l'achat d'une maison avec ses deux frères. Sa mère et ses frères l'ont ensuite fait accuser de harcèlement criminel. Reconnu coupable, le quinquagénaire s'est adressé sans succès à la Cour supérieure, puis à la Cour d'appel. La Cour suprême a finalement refusé d'entendre la cause. «Il me reste seulement le pape à qui m'adresser», de commenter Mitchell.

En désespoir de cause, il est récemment passé aux menaces contre le premier ministre Charest, qu'il désigne comme «le tyran en chef». L'homme a promis qu'il n'arrêterait jamais de se battre.

Déterminé à être jugé dans son district judiciaire, Mitchell a réclamé d'avoir accès à un ordinateur et à Internet pour faire des recherches jurisprudentielles pendant qu'il séjournera au centre de détention. Le juge Dionne a émis le souhait qu'on accède à sa requête, sous réserve que Mitchell n'en profite pas pour transmettre de nouveau des menaces. «Je suis pas un crosseur, M. le juge», a-t-il assuré en s'engageant à restreindre l'utilisation d'un ordinateur à ses recherches. L'orientation du dossier de Mitchell aura lieu le 7 octobre.

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