«C'était un hommage à lui, à la vie... Patrick avait une belle passion, mais il était aussi humble», a déclaré Raphaël Segado, l'un des parachutistes, après son retour au sol. Chaque parachutiste tenait à la main une rose qu'il remettait à la personne située la plus près de la porte de l'avion, qui la lançait ensuite à l'extérieur. Un bouquet de marguerites apporté par le frère du défunt, Steeve Lamy, a aussi été projeté dans le ciel.
«C'était important pour nous de sauter de nouveau rapidement après ce drame. Nous aimons tous encore ce sport, et il faut continuer, car c'est ça que Patrick aurait voulu. Quelqu'un qui a cette passion aurait refusé que l'on cesse de sauter à cause de son décès», explique celui qui agit aussi comme chef plieur, caméraman et entraîneur à l'école de parachutisme Atmosphair.
À l'atterrissage, les parachutistes ont tous posé un genou au sol et observé un long moment de silence en hommage au disparu, une manifestation de respect qui a beaucoup ému Steeve Lamy, qui, comme son frère, a servi pendant plusieurs années dans les Forces canadiennes.
«Je ne m'attendais pas à ça. C'était très beau. Comme les militaires, les parachutistes sont une communauté tricotée serré où presque tout le monde se connaît, notamment grâce à Internet. Il y a une confiance mutuelle entre ces gens, une belle démonstration de cohésion, comme entre des frères d'armes. Moi et Patrick, on savait très bien ce que c'était, car on a servi ensemble en Bosnie et on s'est fait tirer dessus une couple de fois», a-t-il confié au Soleil.
Il a parlé de son frère, un agent immobilier, comme de quelqu'un qui mordait dans la vie à pleines dents. «C'était un tripeux d'adrénaline, il fallait qu'il goûte à tout. Durant sa carrière militaire, il avait servi en Croatie, en Bosnie, à Haïti et en Afghanistan. Il faisait de la moto, du parachutisme et au moins un gros voyage par année dans des endroits comme Dubaï, les Maldives, ou encore le trajet séparant Vancouver à San Diego en véhicule récréatif.»
Aucune rancoeur
Il est donc hors de question pour Steeve Lamy d'en vouloir au sport qui a coûté la vie à son frère ou à l'école de parachutisme qu'il fréquentait. «Avant que les parachutistes ne montent dans l'avion, j'ai senti qu'il y avait un malaise, un silence inconfortable, comme si tout le monde marchait sur des oeufs. Je leur ai dit de ne pas se sentir mal pour ce qui est arrivé. Moi aussi, j'ai fait du parachutisme, et c'est un risque que l'on assume.»
Les parachutistes ont semblé bien accueillir le message du frère de leur ami, puisque la plupart souriaient après leur escapade dans le ciel. «C'est pour ça qu'on le refait, parce que c'est l'fun!» a d'ailleurs crié l'un des sauteurs, une déclaration spontanée qui résumait bien l'esprit de la démarche.