Fausse agression sexuelle: libérée et apte à comparaître

Durant l'audience, mardi, Vanessa Roussel est apparue calme... (Courtoisie Radio-Canada)

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Durant l'audience, mardi, Vanessa Roussel est apparue calme et attentive aux divers échanges.

Courtoisie Radio-Canada

(Québec) Déclarée apte à comparaître au terme de l'examen psychiatrique qu'elle a subi au cours de la dernière semaine, Vanessa Roussel a été mise en liberté provisoire, mardi. Le ministère public ne s'y est pas opposé, moyennant l'imposition de certaines conditions comprenant des engagements pécuniaires totalisant 7000 $.

La jeune femme de 21 ans a été accusée de méfait public après avoir prétendu qu'elle avait été victime d'une agression sexuelle dans une halte routière de Saint-Michel-de-Bellechasse, le mois dernier. Son avocat, Me Julien Grégoire, a admis d'emblée qu'il n'y a pas eu d'agression sexuelle. Par contre, a-t-il expliqué aux représentants des médias, l'étudiante à l'Université Laval n'avait pas l'intention de tromper qui que ce soit, compte tenu de ses problèmes de santé mentale.

«Pour elle, il s'est passé quelque chose...», a déclaré Me Grégoire en laissant entendre que la responsabilité criminelle de Vanessa Roussel pourrait être contestée. L'infraction de méfait public requiert que le contrevenant ait l'intention de tromper en amenant des agents de la paix à commencer une enquête.

À la demande de la procureure de la Couronne, Me Valérie Lahaie, le juge Pierre Rousseau a exigé que Valérie Roussel contracte un engagement de 1000 $. Par la suite, sa mère, une résidante de Saint-Joseph-de-Madawaska, au Nouveau-Brunswick, et un ami qui habite avec elle, aussi étudiant à l'Université Laval, ont accepté de souscrire chacun un engagement de 3000 $ garantissant qu'elle respectera ses conditions de remise en liberté.

De plus, le juge lui a interdit de consommer toute drogue et il lui a ordonné de prendre rendez-vous d'ici le mois d'octobre avec des représentants de Pech, un organisme d'aide pour les personnes éprouvant des problèmes de santé mentale et ayant des démêlés avec la justice. Au cours de sa détention provisoire, Vanessa Roussel devra d'ailleurs poursuivre ses suivis médicaux et psychologiques.

Son avocat a confirmé que les problèmes de santé mentale dont elle souffrirait ne sont pas nouveaux pour elle. «Elle possède des antécédents de cette nature», a reconnu Me Grégoire.

Durant l'audience, mardi, la jeune femme est apparue calme et attentive aux divers échanges. Après que Vanessa Roussel eut prétendu avoir été agressée sexuellement par deux Noirs, en juin, des portraits-robots avaient été dessinés et des copies avaient été distribuées aux médias. De nombreux appels de personnes croyant avoir aperçu des hommes dont la description correspondait aux portraits étaient ensuite parvenus à la Sûreté du Québec. Les policiers ont donc dû procéder à plusieurs vérifications.

Peu à peu, les enquêteurs ont toutefois noté que plusieurs faits allégués par Vanessa Roussel semblaient douteux, de sorte qu'on a commencé à en reconsidérer la véracité. Des doutes, les policiers sont passés à la conviction que l'agression sexuelle était purement fictive, et le dépôt de l'accusation contre la jeune femme sans antécédent judiciaire a suivi. L'orientation de son dossier aura lieu le 31 octobre.

Amie incrédule

Une amie d'enfance de Vanessa Roussel, Lisa Picard, dit avoir parlé à la jeune femme âgée de 21 ans quelques jours après que celle-ci eut inventé cette histoire d'agression sexuelle réalisée par deux hommes de race noire.

Mme Picard a raconté au Soleil avoir été très surprise du discours tenu par son amie, au cours d'une courte discussion au téléphone, alors qu'elle semblait être totalement détachée de la violente agression sexuelle qu'elle devait avoir subie à la halte routière de Saint-Michel-de-Bellechasse. «Vanessa m'a dit que ce n'était pas plus grave que ça, que tout allait être correct», a indiqué Mme Picard, lors d'une entrevue téléphonique.

«Elle ne voulait pas en parler au téléphone, elle préférait me voir en personne. Je me rappelle m'avoir dit dans mon for intérieur : "Comment ça, c'est pas si grave que ça' Si cette histoire horrible m'était arrivée, il me semble que ce serait très grave."»

Mme Picard se rappelle qu'après avoir raconté à son amoureux la teneur de la discussion qu'elle venait d'avoir avec son amie, celui-ci lui a dit qu'il était certain que Vanessa Roussel avait monté de toutes pièces cette histoire d'agression sexuelle.

Avec Matthieu Boivin

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