«Personne n'aurait voulu être ici, mais nous sommes là. Personne n'a voulu ce qui est arrivé, mais c'est arrivé... Tout ce qui reste au bout de la route, c'est l'amour. Voilà pourquoi nous sommes là», a dit l'abbé Michel Sauvageau, qui présidait les funérailles de la jeune fille de 17 ans, morte dans l'accident d'automobile survenu il y a moins d'une semaine à Sainte-Aurélie.
Touchées en plein coeur par ce drame et solidaires, dans cette communauté tissée serré, quelque 500 personnes se sont massées en l'église de Saint-Prosper pour compatir à l'épreuve qui afflige la mère de Caroline, Diane Vachon, son père Daniel, sa soeur Véronique et son frère Étienne.
«Caroline était pleine d'énergie. Elle avait 17 ans. Sa vie commençait à peine à s'épanouir. Elle portait en elle une foule de projets. Elle voulait étudier en infographie à Beauceville... Oui, la vie est fragile. Le but, c'est de vivre et de savourer ce qu'elle t'apporte aujourd'hui. Demain, on ne sait pas...» a continué le prêtre.
Sur le parvis, l'incompréhension se mélangeait à l'impuissance et au désarroi.
«Dans le village, cette semaine, tout était lourd. Il n'y avait pas moyen de faire autrement que de parler du malheur qui a terrassé ces jeunes et qui nous atteint tous. Ça nous touche profondément. Nous nous sentons démolis», dit Robert, un citoyen parmi les autres.
Encore sous le choc
Émues et dépassées par les événements, Mélissa, Audrey et Caroline, trois fidèles amies de Caroline, veulent se rappeler les rires, les niaiseries, les promenades en auto avec la musique à plein volume.
«Caro adorait la danse et la musique. Elle avait son franc-parler. Elle était toujours de bonne humeur et nous remontait le moral avec sa joie de vivre», dit Mélissa.
«Ça va trop vite. Tout ça semble irréel. J'ai l'impression qu'elle va surgir et sourire, mais non. J'aurais le goût de la serrer dans mes bras, juste une dernière fois. D'entendre sa voix, juste comme ça», ajoute Audrey.
Pour sa part, Caroline Pruneau retient la leçon. «Désormais, l'auto ne démarrera pas tant et aussi longtemps que tous soient attachés. Et pas question de conduire après avoir pris un verre», dit-elle.
Encore hospitalisé, le conducteur de 18 ans impliqué dans cet accident, Tommy Lacasse, n'a pas assisté aux obsèques.
En plus de leurs études, Caroline et son amie Nadia travaillaient ensemble dans un magasin à Saint-Georges.
«Très sympathique, Caroline était une fille souriante et pétillante. Elle avait beaucoup d'entregent, raconte une collègue. Ce départ subit et brutal nous affecte énormément. Vendredi, avant l'ouverture, nous avons gardé une minute de silence. Difficile de respirer. L'émotion nous étranglait. Ce qui est arrivé est tellement triste. Ça fait un trou, ça laisse un vide incroyable.
«Toutes deux étaient jeunes, belles, gentilles. Elles étaient studieuses, travaillantes. Elles avaient tout pour réussir! ajoute-t-elle. Et là, il n'y a que des souvenirs à ressasser. C'est cruel, injuste, incompréhensible. On ne comprend pas!»
Pour les saluer, leur rendre hommage et encourager parents et amis de Caroline et de Nadia (Pruneau, l'autre victime), une page Facebook a été créée en ce jour fatidique du 17 juin 2011. Sur le babillard «En mémoire de Caroline Fortier et Nadia Pruneau», Lise écrit : «Comment dire à quelqu'un que la mort a un sens lorsque la douleur est insondable et que les événements échappent à sa compréhension...» Aux trois familles, elle souhaite la force, le courage, l'amour et le soutien de tous les proches tant et aussi longtemps qu'ils en auront besoin.
De son côté, Lisa note : «Mes pensées vont à tous les survivants qui devront vivre et survivre à cette tragédie.»
Les funérailles de Nadia Pruneau, qui a aussi péri dans cette tragédie, seront célébrées au même endroit samedi, à 11h.