Fête nationale: les policiers de Québec devront être prêts à travailler

«On ne se préoccupe pas de la santé... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

«On ne se préoccupe pas de la santé physique et mentale des policiers, puis après on va nous reprocher le nombre de jours de maladie, s?il y a une augmentation», dénonce le président du syndicat des policiers de Québec, Bernard Lerhe.

Photothèque Le Soleil

(Québec) Tous les policiers de Québec devront être prêts à travailler le soir de la fête nationale. Le syndicat des policiers n'a pas réussi à convaincre l'arbitre de la nécessité, pour une trentaine de policiers, d'être en congé, le soir des festivités.

Le 2 février dernier, la direction du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) publiait une directive annonçant la mobilisation de tous les policiers dans le contexte de la fête nationale. Aucun congé ne devait être accordé les 23 et 24 juin. Malgré cette directive, une trentaine de policiers ont demandé à ne pas travailler.

Pour l'arbitre qui entendait la semaine dernière les arguments du syndicat et de la direction de la police de Québec, permettre les congés demandés par une trentaine de policiers amènerait «des inconvénients pour l'employeur nettement supérieurs à ceux que les constables [seraient] susceptibles de subir».

Surtout en ce qui a trait à la planification de l'opération. Un plan de match qu'il serait «déraisonnable» de changer à 10 jours des festivités, croit l'arbitre Louise Viau. La direction du Service de police de la Ville de Québec travaille à planifier cette soirée depuis l'automne dernier.

Qui plus est, l'arbitre craignait que permettre les vacances d'une trentaine d'employés n'entraîne d'autres demandes pour ces mêmes soirs, dans les années suivantes.

En ce qui concerne les raisons familiales soulevées par la Fraternité des policiers de la Ville de Québec, l'arbitre juge que le préjudice «peut sans aucun doute être compensé monétairement». Dans les griefs individuels, les policiers réclamaient une somme de 1000 $ à titre de dommages moraux. «Le syndicat est donc malavisé de prétendre que le préjudice est irréparable...», peut-on lire dans le rapport.

Aussi, les policiers bénéficient de bien d'autres périodes pour prendre des vacances en famille, dit le jugement. «Il ne faut tout de même pas perdre de vue que la directive ne vise que deux jours sur toute une année...», rappelle l'arbitre.

Le syndicat des policiers a aussi souhaité, à la journée d'audiences, que l'on embauche plus de policiers temporaires. Une façon de faire qui n'est «pas souhaitable» compte tenu de leur manque d'expérience, de l'avis de l'arbitre. «Ceux-ci ne sauraient efficacement remplacer des policiers d'expérience dans le déploiement des forces policières.»

Visiblement satisfait de la décision du tribunal d'arbitrage, le conseiller municipal Richard Côté, responsable des négociations pour la Ville, a souligné que «ça fait quand même plusieurs mois qu'on se prépare pour la fête de la Saint-Jean. On a un plan de match». Il remarque que «l'arbitre a été très sévère dans son jugement».

Lerhe réclame plus d'effectifs

Le président du syndicat des policiers de Québec, Bernard Lerhe, déplore que les familles des policiers puissent être affectées par le refus de la direction d'accorder des congés, le soir de la fête nationale.

«On ne se préoccupe pas de la santé physique et mentale des policiers, puis après on va nous reprocher le nombre de jours de maladie, s'il y a une augmentation», dénonce M. Lerhe.

Il constate un manque d'effectifs policiers à Québec. Une meilleure présence policière qui ne devrait toutefois pas se faire au détriment des congés des policiers en place, croit-il.

Bernard Lerhe rejette la possibilité que l'octroi de ces congés ait pu entraîner d'autres policiers à faire une demande semblable dans les prochaines années.

«On n'a jamais eu de temps supplémentaire obligatoire. Même après les deux années où il y a eu deux émeutes, en 1996 et 1997... En 1998, il n'y a même pas eu de temps supplémentaire obligatoire pour l'ensemble de l'effectif, alors qu'on était moins nombreux», à l'époque de l'ancienne ville de Québec.

Pour le président de la Fraternité des policiers, une telle bisbille aura des conséquences sur les négociations. «Quand un employeur ne se préoccupe pas de la santé de ses employés, y a un problème.»

Le syndicat n'a prévu aucun moyen de pression. Il n'exclut toutefois pas la possibilité d'en appliquer. 

Avec la collaboration de Valérie Gaudreau

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer