En septembre, trois policiers et un responsable du bureau des grands événements se rendront en Allemagne pour étudier comment leurs collègues planifient la sécurité des différents sites. Fête de la bière et des saucisses depuis 200 ans, l'Oktoberfest a attiré l'an dernier à Munich plus de six millions de visiteurs qui ont bu plus de sept millions de litres de bière.
Et qui dit alcool dit problèmes. L'événement recense plus d'une quarantaine d'arrestations par jour. Le principal fléau est ironiquement l'un des principaux symboles du festival: la chope d'un litre de bière qui - vide ou pas - finit souvent par servir d'arme.
L'hebdomadaire Der Spiegel rapportait l'an dernier que 32 personnes ont subi des blessures à la tête après avoir été attaquées à coups de steinkrug lors de la dernière présentation. Pesant trois livres, les chopes peuvent facilement briser les os du crâne et provoquer des hémorragies cérébrales ou même la mort.
«On n'a pas décidé d'aller voir l'Oktoberfest parce que la Saint-Jean est devenue une beuverie. C'est qu'ils ont développé une approche dans plusieurs domaines», a assuré en entrevue au Soleil le chef de police de Québec, Serge Bélisle. Les connaissances acquises lors de cette mission, qui coûtera 24 000 $, serviront à améliorer la sécurité des quelque 400 événements qui animent la capitale chaque année, dit-il.
Une fête «préoccupante»
Reste que l'administration Labeaume se montre de plus en plus inquiète des débordements observés le 24 juin. Le Soleil rapportait d'ailleurs voilà quelques semaines que la Ville et les organisateurs ont envisagé de déménager l'événement des plaines d'Abraham.
«Oui, la Saint-Jean-Baptiste est, pour nous, la fête la plus préoccupante», reconnaît d'ailleurs le vice-président du comité exécutif, François Picard. Le maire doit faire sous peu une sortie publique pour inviter au calme.
Au-delà de la surconsommation d'alcool lors de certains événements, le chef Bélisle dit être surtout préoccupé par l'augmentation de la consommation de stupéfiants.
«Chez les jeunes, on assiste à une augmentation de la consommation de drogues de synthèse. Et souvent, il y a un mix avec l'alcool et ça ne fait pas un bon cocktail. C'est certain qu'à la Ville, on est préoccupés par ça. C'est festif, et on sait que les jeunes consomment de la boisson, alors il faut qu'on adapte nos interventions.»
Ce n'est pas la première fois que des policiers voyagent pour étudier la sécurité à certains événements. Certains ont été l'an dernier à Toronto pour voir les mesures mises en place pour les sommets du G8 et du G20. Des agents sont parfois envoyés en Europe, principalement en France, pour observer les techniques de contrôle des foules.