L'an dernier, le juge Bernard Godbout, après plusieurs jours d'audience, blanchit le maire Bouchard. Il était accusé d'avoir fait deux déclarations d'intérêts pécuniaires incomplètes en 2003 et en 2004. Jeudi, en moins de 15 minutes, unanimement et sur-le-champ, les trois magistrats de la Cour d'appel à Québec ont cassé ce jugement de première instance pour accepter la sanction du procureur de la Couronne, soit de ne pas pouvoir siéger à un conseil municipal pendant cinq ans.
C'est un Jean-Guy Bouchard à la fois secoué et surpris qui nous a parlé, hier. «Selon les spécialistes de la loi, le premier jugement nous apparaissait excellent parce que tous les éléments avaient été soupesés», dit-il, préférant lire le jugement avant d'aller plus loin dans ses commentaires. À la question : Avez-vous servi d'exemple?, l'ex-maire répond par des questions. «Est-ce que tout ce qui s'est passé dans le monde municipal au cours des quatre ou cinq derniers mois a joué un rôle? Est-ce que j'écope pour tout ça? Est-ce que c'est un signal qu'on envoie aux élus?»
Rappelons que les accusations de la Couronne ont été faites à la suite d'une plainte du public déposée dans un contexte de crise.
Petite-Rivière a été sous tutelle pendant plus de 16 mois. Alors maire sortant, M. Bouchard avait perdu son siège aux élections de novembre 2009. En politique municipale pendant 23 ans, Jean-Guy Bouchard a aussi été candidat libéral dans Charlevoix aux élections provinciales de 2007.
Malgré tout, Jean-Guy Bouchard répète qu'il n'a fraudé personne ni n'a mis d'argent dans ses poches. L'automne dernier, dans les minutes suivant son acquittement, il avait déclaré que «c'est la vérité qui a triomphé. Ça prouve hors de tout doute que mon intérêt était celui des contribuables». Aujourd'hui, tout est à recommencer.
Et non, la retraite de Jean-Guy Bouchard n'est pas définitive. «Cinq ans, c'est vite passé. Ça ne m'empêchera pas de suivre les activités politiques. On peut sortir l'homme de la politique, mais pas la politique de l'homme», conclut-il prudemment, disant qu'il est trop tôt pour songer à porter la cause en Cour suprême.