Jacques Delisle accusé de meurtre: une retraite à contrecoeur

Jacques Delisle...

Agrandir

Jacques Delisle

Marc Allard
Marc Allard
Le Soleil

(Québec) Après une longue et prestigieuse carrière dans la magistrature québécoise, le juge Jacques Delisle a pris sa retraite de la Cour d'appel au printemps 2009 pour s'occuper à temps plein de sa femme paralysée à la suite d'un accident cérébrovasculaire (ACV).

Comme il quittait un peu à contrecoeur un métier qu'il aimait toujours, le juge Delisle avait préféré que ses collègues ne soulignent pas son départ.

À 74 ans, Jacques Delisle était vu par ses pairs comme un juge amoureux de la langue française, rigoureux et très travaillant. Mais sa femme, clouée à un fauteuil roulant à la suite d'un ACV, exigeait une présence soutenue qui ne lui permettait plus de siéger.

Lorsque Nicole Rainville est morte en novembre 2009, les collègues du juge Delisle avaient été informés qu'il s'agissait d'un suicide. Le magistrat était marié depuis 1960 à Mme Rainville, avec laquelle il a eu deux enfants.

Né à Montréal en 1935, il a obtenu sa licence en droit en 1957 à l'Université Laval, où ses études avaient été décorées de nombreux prix. Admis au Barreau en 1958, il a été associé senior au cabinet Létourneau & Stein de Québec, puis conseiller du Barreau de Québec à la fin des années 60.

En 1983, Jacques Delisle a été nommé président de la Commission permanente de révision du Code civil puis, la même année, juge à la Cour supérieure du Québec. Onze ans plus tard, en juin 1992, il a été promu à la Cour d'appel.

Causes médiatisées

Durant son siège au plus haut tribunal du Québec, le juge Delisle a eu à trancher plusieurs causes médiatisées. En 2002, la juge Thérèse Rousseau-Houle et lui avaient notamment donné raison à l'avocate transgenre de Québec Micheline Montreuil, qui réclamait le droit d'ajouter son prénom à son acte de naissance.

«La demande résulte strictement d'un trouble de l'identité sexuelle, écrivait le magistrat dans son jugement. Elle commande la compassion.»

En 1999, Jacques Delisle et la juge Louise Mailhot avaient acquitté Micheline Vaillancourt, qui avait été reconnue coupable par un jury du meurtre de son mari, trois ans plus tôt.

Les deux juges de la Cour d'appel considéraient que les directives du juge de la Cour supérieure aux jurés, lors du procès, étaient déficientes, concernant entre autres le syndrome de la femme violentée et la légitime défense.

Micheline Vaillancourt avait abattu son mari d'une décharge de fusil de calibre .12 pendant qu'il dormait. Le juge Delisle et sa collègue estimaient qu'à ce moment-là, elle avait des raisons d'être convaincue que son mari la tuerait et qu'elle ne voyait pas d'autre moyen de s'en sortir.

«On a suivi ses jugements, c'était un très bon juriste. Pour faire la carrière qu'il a faite, il fallait que ce soit un gars droit et reconnu, dit le criminaliste Jean-Pierre Rancourt. Toutes ces qualités-là, il les avait. C'est pour ça que [l'accusation de meurtre au premier degré], ça nous a fait réagir, nous, dans la communauté juridique. Et qu'on est vraiment assommé.»

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer