Suspendu sans solde depuis sa mise en accusation à l'été 2008, le professeur de 40 ans entend bien recommencer à enseigner, de dire son avocate, Me Susan Corriveau. «C'est un enseignant de passion. L'enseignement est une vraie vocation pour lui», d'ajouter l'avocate de la défense.
Un retour au travail qui ne sera pas sans difficulté, si on se fie aux propos de Guy Robitaille. Le directeur des ressources humaines de la commission scolaire des Premières-Seigneuries a expliqué que l'employeur va d'abord analyser le jugement. Il est donc trop tôt pour confirmer, ou infirmer, le retour au travail du prof.
Dumas a été acquitté par le juge Bernard Lemieux, qui a accordé le doute raisonnable à l'accusé. Dans le droit du travail, les éléments de preuve ne sont pas les mêmes, de souligner M. Robitaille. «Le professeur a des droits, mais nous aussi on a des droits», d'ajouter le directeur des ressources humaines.
Des contradictions dans le témoignage du jeune garçon ont convaincu le juge d'accorder le bénéfice du doute au professeur. Selon la preuve, il s'agissait d'une relation consentante, mais le consentement était vicié en raison du lien d'autorité du prof sur l'élève.
Les relations sexuelles se passaient notamment dans la chambre de l'accusé, selon le jeune garçon. Or, sa description de l'ameublement de la chambre ne correspond pas à celle faite par l'accusé et son conjoint, et aux photos déposées devant le tribunal.
Le juge a aussi relevé des contradictions dans le témoignage de la présumée victime, pour qui le professeur était son modèle en raison de sa fidélité, puisqu'il était avec le même conjoint depuis plus de 10 ans. Le juge s'est interrogé à savoir comment on peut admirer la fidélité de quelqu'un alors que l'on dit entretenir une relation extra-maritale avec lui.
Une autre contradiction concerne le moment desdites relations sexuelles, le soir pendant que le conjoint du prof était au travail. Or, le conjoint est venu dire au tribunal qu'il ne travaillait pas le soir, sauf exceptionnellement.
Le juge Lemieux s'est interrogé à savoir si les gestes sont vraiment arrivés, ou est-ce qu'il aurait aimé qu'ils se passent, en parlant du jeune homme.
Relations délicates
L'adolescent n'a jamais voulu faire de tort au professeur, et a même menti lors de la première rencontre avec les policiers afin de protéger l'emploi de l'enseignant. La présumée victime n'est pas le plaignant, mais bien une amie à qui l'adolescent s'est confié. L'amie aurait agi à la suggestion d'un autre prof, dont les relations avec le prof Dumas n'étaient pas au beau fixe.
Ce procès de 10 jours a permis d'en apprendre sur les relations tendues entre certains profs de l'école, et des liens entre profs et élèves. Par exemple, l'amie qui a vendu la mèche sur les supposées relations entre l'adolescent et son professeur entretenait elle aussi une relation amoureuse avec un enseignant. C'est la raison pour laquelle l'adolescent se confiait à elle, qui pouvait ainsi comprendre ce qu'il vivait.
L'adolescent s'est aussi retrouvé au lit au domicile d'un autre professeur «qui lui aurait tordu la tétine», selon les propos rapportés devant le tribunal. Le prof a été congédié.
Quant à l'enseignant qui a incité la jeune fille à dénoncer la supposée relation entre l'ado et le prof, il a préféré la démission au congédiement. Il a été aux prises avec un problème de consommation de cocaïne, et a puisé quelques milliers de dollars dans la petite caisse de la vie étudiante.