La police de Québec considère pour le moment que la cause de son décès n'est pas d'origine criminelle. Selon plusieurs sources, M. Plante, 55 ans, se serait enlevé la vie.
Le 3 mars, le journaliste avait reconnu avoir transgressé trois ordonnances de non-publication rendues par la Cour du Québec au printemps 2008, alors qu'il couvrait l'actualité judiciaire au palais de justice de Québec pour l'agence Nomade, qui fournissait des textes au Journal de Québec pendant le lock-out.
En dépit d'une des ordonnances, Bernard Plante avait entre autres écrit que la victime d'un chauffard se trouvait dans un état neurovégétatif, une information que la soeur de cette dernière avait apprise en lisant l'article de M. Plante dans le Journal de Québec.
«Je regrette amèrement les torts que j'ai pu causer», avait déclaré M. Plante, mis à pied en mars 2009 par l'agence Nomade.
Son avocate, Nadine Touma, avait demandé au juge Michel Auger d'accorder une absolution inconditionnelle au journaliste, qui était prêt à faire un don de 2000 $.
Me Touma avait déclaré que les accusations auxquelles son client faisait face avaient ébranlé ses finances, sa carrière et sa santé mentale. Elle avait aussi indiqué que depuis l'automne 2009, il traversait une dépression majeure et se cherchait toujours du travail.
«Il s'investissait beaucoup dans sa carrière et il était valorisé par son emploi, avait assuré Me Touma. Après avoir été accusé, il a subi l'opprobre des autres journalistes et la dégringolade a été sévère.»
Le juge Auger devait prononcer sa sentence le 7 mai.
Durant sa carrière, Bernard Plante a été journaliste pour plusieurs médias québécois, dont CKAC, Le Devoir, Télé-Québec et TVA. Pour le réseau de télévision, il a notamment couvert la politique québécoise à l'Assemblée nationale.
Ex-collègues attristés
Hier, son ex-collègue Robert Plouffe, correspondant de TVA à la colline parlementaire à Québec, s'est dit attristé par sa mort et a voulu souligner les qualités professionnelles de Bernard Plante. «Ça a été un journaliste rigoureux qui mangeait de la politique», dit-il.
Shirley Bishop, qui est journaliste à l'émission Québec Nouvelles, à TVA, a connu Bernard Plante alors qu'elle était attachée de presse de l'ancien ministre péquiste Guy Chevrette.
«C'était un très bon journaliste, il était perspicace, il voyait clair dans les stratégies gouvernementales», dit cette dernière. «C'est dommage, parce que c'était vraiment quelqu'un de très allumé.»