Manif contre la brutalité policière à Montréal: plus de 200 arrestations

Certaines de ces personnes ont été arrêtées par... (Photo La Presse, Robert Skinner)

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Certaines de ces personnes ont été arrêtées par mesure préventive, selon le Service de police de la Ville de Montréal. Selon le porte-parole, Ian Lafrenière, les gens ont été arrêtés puisqu'ils possédaient des bâtons ou des roches.

Photo La Presse, Robert Skinner

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La Presse Canadienne
Montréal

La manifestation annuelle de la Journée contre la brutalité policière s'est soldée, dimanche après-midi à Montréal, comme l'avait anticipé le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), par des incidents de violence et de vandalisme ainsi que par plus de 200 arrestations.

Quarante-huit personnes ont été arrêtées en vertu du Code criminel tandis que plus de 150 ont été interpellées pour avoir violé certains règlements municipaux.«Au terme de ce qui a été une marche pacifique, il y a eu des actes de violence et de vandalisme», a indiqué le porte-parole du SPVM, Ian Lafrenière.

«Les individus n'ont pas été arrêtés (au début de la manifestation) en raison de leur apparence, mais parce qu'ils avaient sur eux des armes, comme des bâtons ou des choses qu'ils pouvaient lancer», a-t-il expliqué, ajoutant que certaines de ces personnes ont été arrêtées par mesure préventive.

Au moins un policier et une personne ont été blessés. Le policier a reçu une brique sur le bras, a précisé M. Lafrenière.

Des projectiles, dont une fusée éclairante, ont été lancés vers les policiers sur l'avenue du Mont-Royal au début de la manifestation, qui était organisée par le Collectif opposé à la brutalité policière. D'autres arrestations ont eu lieu à cet instant. Des incendies mineurs ont également été allumés dans des poubelles et des boîtes aux lettres ont été renversées.

Plusieurs centaines de personnes s'étaient regroupées autour de la station Mont-Royal.

Les quelques centaines de policiers déployés sur les lieux, certains en tenue anti-émeute et d'autres à dos de cheval, ont dû jouer au chat et à la souris avec les manifestants, qui ont tenté de déstabiliser les forces de l'ordre en se séparant en petits groupes pour chacun se diriger dans différentes directions.

Les organisateurs avaient refusé de dévoiler leur itinéraire.

Des images des réseaux de télévision ont montré certains manifestants qui lançaient des roches en direction de commerces, notamment des hôtels, ainsi que des marcheurs qui se couvraient le visage, en raison du gaz lacrymogène qui a été utilisé par les forces de l'ordre.

Quelques dizaines de personnes se sont également rassemblées autour de la Place des arts, coin Sainte-Catherine et Saint-Urbain et ont lancé des projectiles en direction des policiers. Ces derniers ont encerclé un petit groupe de manifestants et la police a par la suite affirmé que la situation était sous contrôle.

Le début de la manifestation a été retardé en raison de l'interruption du service de métro sur la ligne orange pendant au moins 30 minutes. La Société de transport de Montréal a raconté qu'un passager aurait actionné un rupteur de courant, ce qui a arrêté une rame entre deux stations. La STM a dû faire appel aux policiers car des personnes s'étaient aventurées dans le tunnel.

Avant la manifestation, un porte-parole a prononcé un discours dénonçant les déclarations de la Fraternité des policiers de Montréal après l'affaire Villanueva. Une autre porte-parole a aussi lancé un appel au calme.

«Nous ce qu'on veut que les gens comprennent, c'est que la tactique de la police, c'est de nous décrédibiliser pour que notre message ne se fasse pas entendre, puisque c'est un peu dérangeant ce qu'on dit», a expliqué avant le début de la marche le porte-parole du Collectif, Pierre Francoeur.

«Le but de notre manifestation, c'est de dénoncer les impunités et le fait qu'il y ait eu 43 morts aux mains de la police depuis 1987 (à Montréal)», a-t-il ajouté.

Les policiers craignaient le pire, cette année, en raison de l'incident qui s'est soldé l'été dernier par la mort de Fredy Villanueva, qui était âgé de 18 ans. Les autorités avaient sommé les propriétaires de commerces du centre-ville d'être prudents, leur suggérant de vider leurs vitrines d'objets qui pourraient être utilisés comme projectiles.

William Sloan, un avocat qui participe régulièrement aux manifestations contre la police, a dit souhaiter que le message de la marche ne soit pas éclipsé par les incidents de violence.

«Le but de la manifestation, ce n'est pas de faire du grabuge, mais de faire du bruit. Parce que la brutalité de la police, le racisme de la police et le silence de nos élus face à ces questions-là, c'est ça le problème. Il faut qu'on se plaigne et qu'on se plaigne fort», a-t-il soutenu.

Cette manifestation contre la brutalité policière donne lieu chaque année à des dizaines d'arrestations, pour vandalisme et voies de fait notamment. L'an dernier, une quarantaine de personnes ont été arrêtées.

Le Collectif opposé à la brutalité policière soutient que les policiers abusent de leurs pouvoirs, et bénéficient de la complicité des tribunaux et des gouvernements.

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