Manteau antisurveillance : la «fashion tech» s'expose

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Le manteau antisurveillance permet de ne pas être capté par des caméras de surveillance ni géolocalisé.

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Anne-Laure MONDESERT
Agence France-Presse
Paris

Une robe confectionnée à partir de protéine de lait, une cape qui réagit à la pollution de l'air, un manteau d'«invisibilité numérique»: mode et technologie se rencontrent dans une exposition mêlant poésie et pragmatisme jusqu'à dimanche à Paris.

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Le «Qmilch», conçu par la designer allemande Anke Domaske, est une robe faite à partir de protéine de lait.

AFP, PATRICK KOVARIK

Oeuvres d'artistes, de stylistes, de scientifiques, une trentaine de créations, dont seules quelques-unes donnent lieu à des applications commerciales, sont présentées à la Gaîté Lyrique.

«Ce sont des gens qui s'approprient la mode, la font sortir de son pré carré, et la rendent peut-être moins futile», explique Irache Martinez, directrice de marque chez le spécialiste du déstockage en ligne Showroomprivé qui co-organise l'événement.

Les créations datent des sept dernières années. «La "fashion tech" commence à avoir une histoire, elle a commencé dans les années 1990», rappelle la commissaire de l'exposition, Anne-Sophie Bérard, citant notamment la démarche avant-gardiste du créateur Olivier Lapidus. «Ce n'est pas qu'un phénomène passager, même si on n'en est pas encore à un commerce établi».

Robe lactée

La microbiologiste allemande Anke Domaske a inventé un nouveau textile écologique, à base de caséine, une protéine contenue dans le lait de vache, pour fabriquer un tissu «résistant et antibactérien». Avec cette innovation brevetée baptisée Qmilch, qui date de 2012, elle a créé une robe, à l'aspect et au toucher comparables à du coton.

«C'est une vraie solution d'avenir, qui va au-delà de la poésie, qui est utile et envisageable, consomme moins d'eau et fait appel à une matière qu'on a en trop, dont on ne sait pas quoi faire et qui peut se commercialiser», commente la commissaire de l'exposition.

«La réunion entre la technologie et l'art, c'est le propre de l'art. Léonard de Vinci était un ingénieur», note-t-elle.

L'environnement est la première thématique de cette exposition, qui aborde également celles de l'intimité, de l'immatériel et du corps.

Cape antipollution

L'artiste polonaise Kasia Mola a travaillé avec une équipe de chercheurs de l'université King's College à Londres pour mettre au point un vêtement capable de réagir à la qualité de l'air.

La respiration du porteur, à travers un masque, fait changer la couleur de diodes équipant la cape. Les lumières, qui vont du blanc au bleu quand l'air est de qualité satisfaisante, passent au rouge quand il atteint un certain niveau de pollution au carbone suie.

«Par exemple si un bus passe à côté, les fumées sont immédiatement détectées», explique-t-elle à l'AFP.

La question tient particulièrement à coeur à la jeune femme, asthmatique. Aujourd'hui installée à Londres, elle a passé son enfance, pour soigner son asthme, sur le navire de marine marchande où travaillait son père.

Ce projet à mi-chemin entre art et science, qui a donné lieu à une performance à Manchester, pourrait donner lieu à des applications pratiques même si le prix des capteurs utilisés (environ 1500 $) est aujourd'hui rédhibitoire.

Manteau anti-Big Brother

En réaction à la difficulté voire l'impossibilité pour un individu de contrôler ses données personnelles, le collectif néerlandais Kovr, formé par les artistes Marcha Schagen et Leon Baauw, a conçu un manteau «d'invisibilité numérique» en matières métalliques.

«Avec ce manteau, qui se couvre jusqu'à la tête pour vraiment former un cocon, les GPS, le téléphone, plus rien ne passe, on disparaît littéralement du système de surveillance», indique Anne-Sophie Bérard.

Chemise symphonique

Comment permettre à des sourds et malentendants de vivre l'expérience d'un concert? C'est la problématique qui a conduit le studio de création londonien CuteCircuit à concevoir une chemise en collaboration avec l'orchestre Junge Symphoniker de Hambourg.

Par cette technologie utilisant des capteurs, la chemise permet de convertir les signaux audio provenant de la scène en impulsions et vibrations de différentes intensités.




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