Nager au milieu des paquebots à 70 ans

Deux ainés nagent au large de la pointe... (AFP, Anthony WALLACE)

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Deux ainés nagent au large de la pointe ouest de l'île de Hong Kong.

AFP, Anthony WALLACE

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Laura MANNERING
Agence France-Presse
Hong Kong

La baie de Victoria à Hong Kong est l'un des ports les plus fréquentés au monde. Mais tous les matins, des nageurs d'un certain âge plongent sans peur dans des eaux sillonnées par des ferries, cargos ou bateaux de pêche.

Chaque matin, les membres des générations les plus anciennes se rassemblent dans les espaces publics à travers l'ancienne colonie britannique revenue en 1997 dans le giron chinois. Ils pratiquent la danse de l'épée, le tai-chi ou encore le badminton.

Mais sur la pointe occidentale de l'île de Hong Kong, ils préfèrent plonger dans les flots et il n'y a guère que les typhons qui les en empêchent.

Lau Sam-lan, 74 ans, vient tous les jours nager ici depuis une trentaine d'années. Comme lui, de nombreux habitués font cela depuis des décennies.

«En nageant, je me sens en meilleure santé, plus relaxé», dit-il, les lunettes de natation perchées sur le front. «Je me sentirais mal si je ne venais pas».

Le «hangar de natation de Sai Wan», une construction en béton recouverte de tôle ondulée, comprend des cabines et des douches rudimentaires.

Vers le milieu du XXe siècle, ces hangars étaient nombreux sur les rives de la baie de Victoria. Mais la pollution croissante et la construction de piscines ont petit à petit eu raison des abris pour nageurs.

Sai Wan est le dernier à être encore debout. Le hangar avait été construit en 1988 par les habitants du quartier, avec l'accord du gouvernement, après qu'une construction proche eut été emportée par un typhon et une autre démolie par des promoteurs immobiliers.

On y accède au son des cigales par une volée de marches pentues dévalant une colline escarpée recouverte par la jungle.

Les nageurs plongent dans l'eau depuis un promontoire en bois fragile, avec en toile de fond un ciel souvent pollué, découpé par les gratte-ciel.

Communauté soudée

Les navires de passagers à grande vitesse sillonnant le détroit qui sépare l'île de Hong Kong du continent passent tout près. De même que des sampans branlants et d'énormes porte-conteneurs, semblables à des immeubles qui se déplaceraient lentement.

Les nageurs n'ont pas peur de la pollution. La qualité de l'eau s'est améliorée ces derniers temps grâce aux efforts du gouvernement pour nettoyer la baie, assurent-ils.

Depuis la construction de Sai Wan, quatre personnes se sont noyées, mais rien ne dissuadera les nageurs de nager.

«Je n'ai pas peur, j'ai même sauvé deux personnes», fait valoir M. Lau.

Une bouée attachée à une corde est disponible en cas de problème. Il n'y a pas de maître nageur.

Les nageurs de Sai Wan paient un écot de 150 dollars de Hong Kong par mois (26 $CAN) pour se servir des cabines. La petite communauté très soudée compte environ 80 membres, dont le plus jeune à la cinquantaine.

Lita Wong, 62 ans, explique que nager lui procure un moment de calme avant de partir travailler pour une société de négoce. Elle nage là depuis 25 ans.

«Je connais les gens ici, et j'aime l'environnement, bien qu'il y ait beaucoup de moustiques», dit-elle.

Dans la résidence où elle habite, il y a pourtant deux piscines. Mais elle préfère l'eau salée.

«La première fois que je suis venue, j'ai eu peur, à cause des rochers, des vagues, des ferries, des hydroptères», se souvient-elle. «Mais le temps est passé et j'ai surmonté ma peur».




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