Raid 100% féminin pour amazones urbaines

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Du sport, mais pas trop, des surprises, et surtout des sites inaccessibles au touriste de passage: le «Pop In» est proposé dans quatre villes d'Europe par an.

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Claudine Renaud
Agence France-Presse
Nice

Sur une plage en face de l'hôtel Negresco à Nice, une bande de filles en t-shirt orange fluo rigolent. On est loin du drame qu'a connu la Riviera française (sud-est) avec l'attentat meurtrier de juillet: elles participent à un raid urbain 100% féminin.

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Du sport, mais pas trop, des surprises, et surtout des sites inaccessibles au touriste de passage.

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Réunies pour le 12e «Pop in the City», elles ont passé une journée fin septembre à découvrir la ville. Vingt épreuves, quelques sensations fortes: en huit heures chrono et pour un maximum de 700 participantes, ce concept de visite touristique décalée, avec un petit supplément d'âme solidaire au contact des associations locales, a été monté en 2012 par trois copines polyglottes, douées pour les voyages et pour le commerce.

Du sport, mais pas trop, des surprises, et surtout des sites inaccessibles au touriste de passage: le «Pop In» est proposé dans quatre villes d'Europe par an. La prochaine édition, prévue le 15 octobre à Séville en Espagne, affiche complet, après des raids organisés notamment à Hambourg (Allemagne), Bologne (Italie), Bruxelles ou encore Porto (Portugal).

En t-shirt orange fluo, les participantes du raid niçois sont dispersées dans la ville, deux par deux, avec une carte et un carnet de route rédigé sous forme d'énigmes et vingt défis qui se lisent comme la rubrique «insolite» d'un guide de voyage.

Ici, on s'initie aux fers à dorer chez un relieur, puis on court enfiler une tenue de gladiateur dans des vestiges romains ou prendre le pinceau pour aider l'association La Mouette à repeindre et calfater ses «pointus», les barques typiques qui colorent le port de Nice.

Là, on dispute une mini-partie de torball, du foot pour non-voyants avec un ballon à grelots, on pagaie, on plonge, on mange et prépare un pan-bagnat ou on descend la façade d'un hôtel en rappel. Le 7e étage fait hésiter. «Faut pas se poser trop de questions», encourage Estelle, dossard 185, avec sa soeur venue exprès d'Amsterdam. Ses copains lui ont offert l'inscription pour ses 30 ans.

À 150-200 euros (220-300 $CAD) l'inscription, hors avion ou hôtel, le raid attire des amazones urbaines plutôt habituées à s'occuper de leurs carrières ou à gérer des vies de famille bien remplies qu'à affronter les galères de l'auto-stop, que les organisatrices recommandent d'utiliser pendant la course.

L'auto-stop marche d'ailleurs «hyper-bien», foi de dossard n°40, une Lyonnaise de 42 ans, éducatrice spécialisée dans la vraie vie et qui s'enthousiasme: «Les gens sont hyper sympas», dit-elle, et «après ce qui s'est passé dans cette ville, ça remet un peu de gaieté», renchérit son binôme, Delphine, femme au foyer.

Malgré les restrictions de sécurité imposées depuis l'attentat qui a fait 86 morts le 14 juillet, le «Pop in», comme l'appellent les habituées, a été autorisé.

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Une des étapes du Pop in the City de Nice se voulait un legs du Musée d'Art moderne et d'art contemporain, soit peindre au bleu Yves Klein... avec les seins.

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Le format, sans équivalent, est décliné pour l'instant uniquement en Europe - et en version ouverte aux hommes à Paris pour des «Jetlags» à la découverte des cultures étrangères de la capitale française. «C'est ce que les gens demandent: s'impliquer et ne pas être juste spectateur de son voyage», dit Clémentine, 32 ans.

Vol économique obligatoire

La seule règle est qu'«il faut un patrimoine historique et culturel vivant, et que toutes les destinations soient ralliées par un vol low cost», poursuit l'entrepreneuse qui rêve d'un Pop In the City à Téhéran.

«Si j'avais le soutien de la ville, ce serait une vraie victoire. On aurait l'impression de vaincre quelque chose et d'imposer la place des femmes. Le but serait peut-être de ne pas seulement amener des Françaises à Téhéran, mais de le faire avec des femmes de Téhéran», imagine-t-elle. «En respectant les règles du pays», autrement dit voilées, poursuit la jeune femme, aux souvenirs d'enfant cosmopolites forgés par des années d'expatriation en famille au Japon.

«Notre féminisme n'est plus celui de nos mères ou grand-mères, c'est plus subtil. Le but est d'amener des femmes à s'émanciper, à sortir de leur zone de confort et avoir une parenthèse où elles peuvent ne plus être dans leur vie de mère ou d'épouse et s'éclater», dit-elle.

Sur la plage de Nice, Catherine, 48 ans, banquière à Paris, confirme: «J'ai offert (ce raid) à ma soeur. Ça nous a permis de passer un week-end toutes les deux et de laisser maris et enfants». Sous son maillot, elle essuie une trace de peinture, un legs du Musée d'Art moderne et d'art contemporain (Mamac) de Nice où il fallait peindre au bleu Yves Klein... avec les seins.

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