L'agrile du frêne détecté sur les Plaines

Des pièges installés sur les plaines d'Abraham dans... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Des pièges installés sur les plaines d'Abraham dans la semaine du 6 juillet a permis d'y trouver de l'agrile.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Il en était déjà tout proche, il y a maintenant officiellement mis les deux pieds - ou les six pattes. L'agrile du frêne a été trouvé en deux endroits des plaines d'Abraham, a fait savoir mardi la Commission des champs de batailles nationaux (CCBN), en conférence de presse.

Quand la présence de l'agrile du frêne à Québec a été confirmée, plus tôt cet été, «on a augmenté notre quantité de pièges pour détecter l'insecte le plus rapidement possible, a indiqué le responsable des espaces verts à la CCBN, Étienne Casgrain. [...] On fait de l'écorçage de branches depuis 2015, et on n'avait trouvé aucune trace d'agrile comme ça, mais quand on a commencé à poser nos nouveaux pièges, dans la semaine du 6 juillet, on a trouvé de l'agrile. Et à certains autres endroits autour de l'avenue George VI, on a des pièges qui ont attrapé de l'agrile.»

Ce petit insecte vert métallique, qui fait moins de 1 cm de long à l'âge adulte, est originaire d'Asie et a été introduit accidentellement en Amérique du Nord dans les années 90. Contrairement aux frênes asiatiques, qui se sont adaptés à «leur» agrile au cours des millénaires, ceux d'Amérique n'ont aucun moyen de défense contre ce ravageur. Celui-ci pond ses oeufs sous l'écorce des frênes afin que ses larves puissent se nourrir du phloème, soit la «couche» par laquelle la sève circule. L'infestation commence par la cime, et progresse ensuite vers le bas, jusqu'à ce que l'arbre meurt.

Une quinzaine d'abattages préventifs sont prévus sur les Plaines au cours des prochains jours, dans le secteur de l'«anneau» et de l'avenue du Parc, où l'insecte a été détecté en premier. La CCBN entend traiter ses spécimens les plus grands avec un insecticide nommé TreeAzin, que l'on injecte dans les racines et qui empêche les larves de croître. Mais à long terme, bien d'autres coupes sont à prévoir: l'immense parc urbain compte plus de 2000 frênes - encore que la plupart ne sont pas très à la vue, poussant plutôt dans la falaise.

La Ville de Québec, également présente à la conférence de presse, a profité de l'occasion pour faire le point sur la situation générale du petit ravageur. Pour l'heure, a indiqué Marie-Josée Coupal, conseillère en environnement à la Ville, le redoutable insecte n'a été trouvé qu'en un seul endroit, soit le quartier Montcalm. Cependant, il peut s'écouler plusieurs années entre le moment où un arbre est attaqué par l'agrile et celui où il commence à montrer des symptômes, si bien qu'il est possible que d'autres îlots d'infestation existent.

Plus de 300 frênes traités

En attendant d'en trouver, s'il en existe, la Ville concentre ses efforts sur un rayon de 500 mètres autour des frênes infestés dans Montcalm. Ce périmètre inclut 46 frênes municipaux, dont 26 seront abattus et 20 seront traités au TreeAzin.

Plus largement, complète Mme Coupal, «on a déjà prévu injecter plus de 300 frênes municipaux exceptionnels répartis un peu partout sur le territoire de la ville. On parle d'arbres de plus de 60 cm de diamètre et qui sont en bonne santé. Mais les traitements ne s'arrêteront pas là, une approche sera aussi développée pour la gestion des alignements de frênes. Dans le but de réduire les impacts sur les quartiers, il faudrait éviter que des alignements complets d'arbres disparaissent».

Une expérience est par ailleurs déjà en cours à Québec afin d'infecter les agriles avec champignon microscopique nommé Beauvaria bassiana, qui tue les agriles au bout de quelques jours. L'idée consiste à attirer les agriles dans des pièges où ils «attrapent» le champignon avant de repartir. Contrairement à beaucoup d'autres insectes qui ne s'accouplent qu'une seule fois avant de mourir, l'agrile du frêne a l'habitude d'aller d'un partenaire sexuel à l'autre, si bien que des chercheurs espèrent que la maladie pourrait se répandre efficacement et garder la population sous contrôle. Pour l'instant, on ne dispose que de résultats préliminaires, mais ils sont encourageants. 

Rappelons que pas moins de 13 000 frênes se trouvent sur des terrains municipaux à Québec seulement, et que cela ne compte pas les frênes sur des terrains privés, dont la Ville estime le nombre à environ 26 000.

Malgré tout, Mme Coupal insiste sur le fait qu'il ne faut pas céder à la panique. «Il faut comprendre qu'on est encore au début de l'infestation. Ce n'est pas cette année ni l'année prochaine qu'il faudra abattre des milliers d'arbres. [...] Si un particulier possède un frêne sur son terrain, il n'y a pour l'instant aucune raison de l'abattre s'il est en santé.»




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