La tordeuse du bourgeon de l'épinette difficile à freiner

L'utilisation de cages à phéromones mise au point... (collaboration spéciale Johanne Fournier)

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L'utilisation de cages à phéromones mise au point par les chercheurs de Ressources naturelles Canada, Christian Hébert et Johanne Delisle, s'est malheureusement soldée par un échec.

collaboration spéciale Johanne Fournier

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(Rimouski) Même si on est encore très loin de l'épidémie de tordeuse du bourgeon de l'épinette de 1975 qui avait affecté 35 millions d'hectares de forêts dans toutes les régions du Québec, il n'en demeure pas moins que les populations de cet insecte destructeur sont en augmentation au Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et principalement sur la Côte-Nord. Actuellement, sept millions d'hectares sont affectés. Pour tenter de freiner l'infestation, des chercheurs ont mis au point des techniques, dont certaines n'ont pas donné les résultats escomptés.

La Côte-Nord est la région la plus affectée avec 3,5 millions d'hectares de défoliation. Viennent ensuite le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Côte-Nord. En Abitibi-Témiscamingue, l'invasion de tordeuses touche 500 000 hectares. De faibles densités ont aussi été observées à l'ouest de Rivière-du-Loup et dans la réserve des Laurentides.

Depuis un an, les chercheurs de Ressources naturelles Canada ont mis au point des pièges à phéromones de synthèse, qui est une hormone sexuelle produite par les femelles afin d'attirer les mâles. «On a voulu savoir si cette odeur-là pouvait être utilisée pour empêcher les mâles de trouver les femelles dans la forêt, puis d'empêcher la reproduction», explique la chercheuse en entomologie forestière, Johanne Delisle. Des blocs de forêts ont également été arrosés avec ces phéromones afin de créer une confusion sexuelle. 

«C'est une technique qui fonctionne très bien, souligne la scientifique. Mais, il y a un gros hic : quand on fait le décompte des oeufs à la fin de l'été, on se rend compte qu'il y a autant d'oeufs pondus dans les endroits qui ont été traités à la phéromone que dans les endroits qui n'ont pas été traités.» La migration des papillons est la grande responsable de cet échec. 

Comprendre les migrations

Si les résultats sont plutôt décevants, l'entomologiste estime qu'ils permettent d'étudier l'impact des migrations. «On essaie de comprendre cet aspect qui est difficile à étudier, indique Mme Delisle. On va peut-être finir par comprendre comment ça se passe, d'où ils proviennent, où veulent-ils s'en aller, et est-ce qu'on peut suivre leurs déplacements.»

Sur les réseaux sociaux, des gens publient des photos de nuées de ces petits papillons blancs qui arrivent parfois par milliers et qui se posent à proximité des habitations, surtout lorsqu'ils sont attirés par la lumière. Certaines personnes remplissent même des sacs à ordures à ras bord de ces papillons. «Ça fait plusieurs années que les populations sont au niveau épidémique sur la Côte-Nord, constate un chercheur en écologie forestière du ministère fédéral, Yan Boulanger. Mais, depuis quatre ou cinq ans, les populations sont en augmentation. Donc, c'est sûr que si on vit au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, on risque de voir de plus en plus de papillons.»

«Ce que les gens observent, ce sont des vols migratoires qui se rendent jusqu'au sol, confirme le scientifique. Habituellement, la migration va se faire en basse altitude, mais quand même haute par rapport à nous. Ça peut se faire à 400 ou 800 mètres d'altitude.»

Les chercheurs utilisent des radars météo pour suivre leurs déplacements. «Ils sont tellement nombreux qu'on les voit littéralement sur les radars», indique M. Boulanger. Certains de ces insectes en provenance de la Côte-Nord traversent le fleuve afin de migrer vers le Bas-Saint-Laurent. «En l'espace d'une nuit, le papillon peut couvrir facilement 200 km, raconte-t-il. On essaie de savoir si ces déplacements-là peuvent avoir un impact sur la propagation de l'épidémie dans des zones qui, aujourd'hui, sont moins infectées.»

Par ailleurs, les scientifiques constatent que les changements climatiques ont un impact sur la migration de la tordeuse. «Dans les années 2000, on a même vu des épidémies jusqu'à Goose Bay au Labrador et la plus grande épidémie jamais répertoriée, c'était sur la Côte-Nord, où il y a eu près d'un million d'hectares d'affecté», mentionne un chercheur scientifique en écologie et diversité des insectes de Ressources naturelles Canada, Christian Hébert.




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