Anacolor encore dans la mire de la Santé publique

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Le Directeur de la santé publique (DSP) estime que la problématique d'odeur de l'usine Anacolor persiste.

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(Québec) Une fois de plus, le Directeur de la santé publique (DSP) demande que l'usine Anacolor de Cap-Rouge «diminue ses émanations irritantes qui affectent la population». Elle affirme aussi manquer d'information pour déterminer les risques de toxicité à moyen et à long terme.

Le Dr François Desbiens réaffirme ainsi une recommandation émise en 2016 à la lumière des plus récents échantillons d'air prélevés dans la semaine du 27 février 2017 par le TAGA, un laboratoire mobile du ministère de l'Environnement (MDDELCC). Ils ont révélé de «fortes» odeurs sans que les concentrations de COV dépassent les normes en vigueur.

Sur la base de ces résultats, le Directeur de la santé publique (DSP) transmettait en mai au MDDELCC des constats et des recommandations dans un document dont Le Soleil a obtenu copie.

«Le premier constat de notre analyse, sur la base des documents transmis, est que la problématique d'odeur persiste. Au-delà de la réaction individuelle propre à chacun lorsque l'odeur est perçue, les odeurs sont jugées, peu importe les observateurs, comme désagréables», note le DSP, à propos des émanations de l'usine de peinture de pièces métalliques.

Il émet aussi un avertissement quant aux méthodes d'analyse utilisées, notamment celles fournies par l'entreprise. «Il est important de juger avec prudence les données fondées sur les seuils olfactifs. Ces valeurs sont pondérées selon des méthodes particulières qui excluent les personnes peu ou trop sensibles aux odeurs. Or, du point de vue de santé publique, nous ne pouvons volontairement exclure des gens affectés par les odeurs en raison de leur sensibilité propre», écrit le Dr Desbiens.

Bien que le DSP affirme qu'il ne peut y avoir d'effets toxiques à court terme, il reconnaît ne pouvoir se prononcer sur les effets à moyen et à long terme avec les données actuelles. Il recommande donc au ministère de l'Environnement d'exiger «de l'entrepreneur une caractérisation exhaustive des contaminants susceptibles d'être émis aux sept cheminées qui sont associées aux différentes étapes du procédé d'application de peinture de l'usine, ainsi qu'une modélisation appropriée de ces émanations» à travers le territoire. Il peut y avoir des variations d'un secteur à l'autre.

La porte-parole du Regroupement citoyens pour la qualité de l'air à Cap-Rouge, Zeina Constantin, se désole que les autorités ne semblent avoir aucun pouvoir de sanction contre l'entreprise bien que le DSP réitère ses recommandations d'il y a un an. «Pour nous, les émanations continuent et on a la confirmation que la pollution est toujours présente et que ça peut toujours provoquer des maux de tête, des maux de coeur, de la toux, même une sensation d'étouffement. La problématique reste entière.»

Encore hors-la-loi

Et tout autant pour le ministère de l'Environnement. L'usine a reçu en juin deux nouveaux avis de non-conformité, cette fois pour avoir entravé le travail des fonctionnaires et ne pas avoir installé un système d'épuration des émissions atmosphériques exigé par le ministère de l'Environnement depuis l'automne 2016.

Sur l'avis émis le 5 juin et dont Le Soleil a pris connaissance, le ministère de l'Environnement reproche à l'entreprise d'avoir enfreint la Loi sur la qualité de l'air en refusant à un fonctionnaire «l'accès aux données du registre d'application de peintures et d'utilisation de solvants».

Les inspecteurs ont aussi constaté, comme ils l'avaient fait le 2 février, qu'Anacolor ne traite toujours pas les rejets de plusieurs de ses sept cheminées pour en réduire la teneur en «composés organiques volatils» (COV). Le ministère avait pourtant émis cette exigence lorsqu'il lui a délivré un permis d'exploitation le 1er septembre 2016. Anacolor devait s'y conformer avant le 1er février 2017.

L'usine fait l'objet de nombreuses plaintes de son voisinage depuis 2013 à cause des odeurs qui s'en dégagent. Les installations exigées par le ministère devraient permettre de réduire de 90 % les émanations de COV, des substances odorantes qui sont utilisées comme solvants par l'industrie de la peinture. Anacolor conteste ces demandes devant les tribunaux.

En mars l'entreprise disait avoir remplacé plusieurs des produits qu'elle utilise et calcule qu'elle a réduit ses émissions de COV de 47 % depuis 2014. Elle a aussi modifié ses cheminées de façon à ce qu'elles poussent leur fumée plus haut afin qu'elles soient plus diluées lorsqu'elles redescendent.

Lors d'une marche citoyenne en mars, les citoyens allaient jusqu'à remettre en cause les résultats d'analyse du laboratoire mobile. Ils soutenaient qu'Anacolor avait la possibilité de diminuer sa production au moment opportun en sachant qu'il y aurait des analyses.




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