Un logiciel contre la tordeuse des bourgeons de l'épinette

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Cette image tirée du nouveau logiciel du Centre de foresterie des Laurentides montre l'évaluation de la migration des papillons de la tordeuse des bourgeons de l'épinette.

fournie par Ressources Naturelles Canada

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<p>Steeve Paradis</p>

Des scientifiques du Centre de foresterie des Laurentides (CFL), basé à Québec, ont mis au point un logiciel permettant d'estimer la migration d'un des insectes ravageurs les plus actifs de nos forêts, la tordeuse des bourgeons de l'épinette (TBE), dans l'objectif évidemment de mieux le combattre.

Ce logiciel combine les prévisions météo et les données terrain recueillies sur la TBE par les chercheurs. Des codes de couleur indiquent à quel moment se passera la migration des papillons sur une partie de territoire donnée. Ainsi, selon la carte, la migration sera effectuée à 10 % cette fin de semaine dans la Mitis et en Haute-Côte-Nord, le long du littoral. Dans certains coins du Kamouraska, cette même migration est complétée à 90 %.

«Ces données nous donneront une information additionnelle pour le traitement (contre la tordeuse)», indique Christian Hébert, chercheur scientifique en écologie et diversité des insectes forestiers au CFL, l'un des cinq centres de recherche en foresterie de Ressources naturelles Canada. «Les cartes nous permettent de déterminer les sources.»

«Où sont les populations? Où est la défoliation? Ce sont des données importantes dans la gestion d'une épidémie qui deviennent disponibles. On pourra ainsi mieux cibler nos interventions», enchaîne le chercheur scientifique, qui convient cependant que l'heure n'est plus à l'intervention ciblée dans la province.

«Au Québec, on n'est pas dans un contexte de prévention. Il est trop tard. Les interventions ici sont pour la protection du feuillage. C'est plus le cas au Nouveau-Brunswick, où on peut intervenir rapidement dès qu'on voit un foyer d'infestation», ajoute M. Hébert.

Cette stratégie «d'intervention hâtive» est l'une des hypothèses actuellement étudiées par l'un des collègues de Christian Hébert, Jacques Régnière, spécialiste de la dynamique des populations d'insectes au CFL, pour notamment déterminer s'il est payant de s'en prendre rapidement aux zones touchées.

Population en hausse

Ressources naturelles Canada teste aussi sur la Côte-Nord différentes stratégies d'arrosage d'insecticide afin de garder le plus d'arbres possible en vie. La stratégie actuelle est d'arroser chaque année quand la défoliation d'un peuplement atteint 50 %. «Peut-être qu'il sera plus efficace d'arroser une année sur deux ou sur trois ans pour couvrir plus de territoire. Si la stratégie fonctionne, elle sera utilisée partout», explique M. Hébert.

Soulignons au passage que la tordeuse des bourgeons de l'épinette peut s'attaquer à des quantités impressionnantes de sapin, sa nourriture préférée. Comme son nom ne l'indique pas du tout, la TBE préfère en effet nettement le sapin à l'épinette, qu'elle va attaquer en dernier recours. Selon les données de 2016, l'actuelle épidémie a détruit 7 millions d'hectares de forêt au Québec, dont plus de 3,7 millions sur la Côte-Nord.

Et qu'en est-il justement de l'état de la présente épidémie sur la Côte-Nord? «On pensait qu'elle tirait à sa fin, il y avait de moins en moins de superficies gravement affectées. Mais dans les échantillons de larves en hibernation de cette année, la population rebondit. On croit tout de même que ça peut s'achever dans le sud de la Côte-Nord et que ça ne devrait pas trop s'étendre au nord, où il y a plus d'épinettes noires», fait valoir le chercheur scientifique.

Christian Hébert affirme en terminant qu'il est «utopique» de penser éradiquer un jour la TBE, un insecte indigène qui a toujours su s'adapter. «La tordeuse a un rôle à jouer dans le processus de renouvellement des forêts en éclaircissant les peuplements et en générant de la diversité. Le problème, c'est que l'humain a besoin de la même ressource», a-t-il conclu.




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