L'agrile du frêne détecté à Québec

Originaire d'Asie, l'agrile du frêne fait des ravages... (Image tirée d'une vidéo du Soleil)

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Originaire d'Asie, l'agrile du frêne fait des ravages depuis son introduction en Amérique du Nord, dans les années 90, parce que les frênes d'ici n'ont pas de mécanisme de défense contre cet insecte.

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(Québec) On ne se demandait plus «si» l'agrile du frêne allait un jour atteindre la région de Québec, mais plutôt «quand». Et on a maintenant la réponse : la Ville de Québec vient de faire savoir que le ravageur a été trouvé sur son territoire et qu'elle lancera bientôt un plan d'action.

L'insecte a d'abord été détecté sur un frêne que possède la municipalité dans le quartier Montcalm. Un examen plus attentif des environs a permis d'identifier «une cinquantaine» d'arbres infectés dans ce secteur, dit le conseiller municipal et responsable de l'environnement au comité exécutif, Steeve Verret. Notons que l'insecte tue les frênes parce que ses larves se nourrissent du phloème, soit la «couche» située juste en dessous de l'écorce et par laquelle la sève circule. Originaire d'Asie, l'espèce fait des ravages depuis son introduction en Amérique du Nord, dans les années 90, parce que les frênes d'ici n'ont pas de mécanisme de défense contre cet insecte.

«On parle d'un rayon d'environ 500 mètres, dit M. Verret. Ce qu'on va faire, c'est qu'on va probablement couper une trentaine d'arbres, on va injecter les autres au TreeAzin (un insecticide qu'on administre par les racines de l'arbre et qui tue les larves, ndlr) et on va observer. L'année prochaine, on va commencer à replanter, vers la fin de 2018.» Mais le fait que quelques dizaines d'arbres soient infectés suggère que l'insecte s'est établi pour de bon dans la région.

Entomologiste au Service canadien des forêts et spécialiste de cet insecte, Robert Lavallée dit être «allé voir un frêne dans Montcalm la semaine dernière. L'attaque était assez forte et rendue au niveau du tronc, ce qui laisse entendre que ça faisait déjà un bout de temps, un an ou deux, que l'insecte était là».

«On voyait des trous d'émergence sur le frêne affecté. Ça veut dire qu'il y a déjà des adultes qui sont partis dans la nature. (...) Ça n'augure pas bien», dit-il.

La Ville prévoit envoyer un dépliant sur l'agrile aux résidants du secteur touché. «Pour le moment, il est important de savoir que les citoyens n'ont pas à procéder à l'abattage de frênes, qu'ils soient malades ou en bonne santé. Si un frêne leur semble touché, ils doivent aviser la Ville qui validera s'il s'agit bien d'une infestation à l'agrile du frêne avant d'intervenir», a indiqué M. Verret, dans un communiqué de presse.

Notons que dans l'île de Montréal, où le petit ravageur est présent depuis 2011, près de 5400 frênes ont été abattus l'an dernier seulement. Le TreeAzin peut protéger les arbres sains, mais son coût - entre 150 et 500 $ par traitement, à recommencer aux deux ans - interdit d'y recourir à grande échelle. La Ville de Québec compte environ 13 000 frênes dans les espaces publics, sans compter des milliers d'autres sur des terrains privés. Dans certains quartiers comme Limoilou, cette essence représente environ un arbre sur cinq.

Transporté par inadvertance

On ignore comment l'agrile du frêne a pu arriver dans Montcalm, dit M. Verret. Cependant, suppute M. Lavallée, il a vraisemblablement été transporté par inadvertance. Quand la larve termine son développement et sort de l'arbre, en effet, l'insecte mature ne va habituellement pas bien loin. «On parle de quelques mètres, en général. L'insecte cherche du frêne et si l'arbre voisin en est un, alors il n'a pas intérêt à aller plus loin. Des grandes dispersions, cet insecte-là n'en fait pratiquement pas», dit-il. Et comme l'endroit le plus proche de Québec où le ravageur avait été détecté jusqu'à cet été était dans la région de Trois-Rivières, à environ 240 km de la capitale, il serait logique que les agriles aient été amenés dans Montcalm dans du bois de chauffage ou un autre type de bois que quelqu'un aurait pris dans une région «contaminée» et transporté jusqu'au centre-ville.

La bonne nouvelle, s'il peut y en avoir dans une telle situation, c'est que cette habitude offre peut-être une chance d'endiguer l'agrile dans Montcalm. Il n'est du moins pas complètement farfelu de l'espérer, dit M. Lavallée.

«Ça permet à la Ville d'avoir un périmètre de travail assez circonscrit, de façon à abattre les arbres qui sont contaminés et injecter les autres au TreeAzin (un insecticide qu'on injecte dans les racines et qui tue les larves, ndlr). Et si on ajoute à ça la transmission d'une maladie qui serait transportée par les insectes, je pense qu'on a quelque chose de très intéressant. Il faut absolument pousser là-dessus», dit M. Lavallée.

Celui-ci travaille en effet, avec d'autres chercheurs, sur une manière de freiner la progression de l'agrile du frêne, qui n'a pas de prédateur naturel en Amérique. Il existe un champignon, Beauvaria bassiana, qui est essentiellement une «maladie» affectant de nombreuses espèces d'insectes, dont l'agrile, qu'il tue d'ailleurs en quelques jours à peine. En infectant certains spécimens au moyen d'un piège, on peut espérer qu'ils contamineront d'autres agriles - l'espèce est en effet connue pour avoir une sexualité très «libre», disons. Les premiers résultats de M. Lavallée, entre autres, sont encourageants, dit-il.




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