Déchets nucléaires en Ontario: un vrai dilemme pour Québec

Le ministre québécois de l'Environnement, David Heurtel, refuse... (Photothèque Le Soleil)

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Le ministre québécois de l'Environnement, David Heurtel, refuse de s'opposer au projet de dépotoir de déchets nucléaires à Chalk River, mais il a précisé que cela ne signifie pas pour autant que son gouvernement l'accepte.

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(Québec) Le projet de dépotoir de déchets nucléaires à Chalk River, en Ontario, à moins d'un kilomètre de la rivière des Outaouais, constitue un vrai dilemme pour Québec.

Pour l'heure, le ministre québécois de l'Environnement, David Heurtel, refuse de s'y opposer. Ce refus ne signifie pas pour autant que son gouvernement l'accepte, a-t-il tenu à préciser, mercredi.

«Au gouvernement, il n'y a personne qui a dit qu'on était pour le projet de Chalk River», a déclaré le ministre Heurtel à l'Assemblée nationale.

Il récuse l'accusation de laisser-aller lancée par la députée indépendante et chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, ainsi que par le Parti québécois.

Il plaide le fait que son gouvernement entend suivre les étapes du processus d'évaluation et de consultation, et qu'il se prononcera en temps et lieu. «On va appliquer nos lois. On va consulter. On va étudier les conséquences, les analyses, les solutions.»

«On est aux étapes préliminaires», a insisté le ministre, selon qui on peut faire confiance au processus à venir et aux institutions compétentes en la matière. Une «évaluation environnementale indépendante et complète» sera menée en vertu de la Loi canadienne sur l'évaluation environnementale. 

Le ministère de l'Environnement du Québec devrait se camper d'ici la mi-août - ou, à tout le moins, présenter son point de vue à la Commission canadienne de sûreté nucléaire.

Officiellement, M. Heurtel n'exclut pas que le Québec dise un jour non à ce projet, à Chalk River. Mais il ajoute qu'il faudra bien finir par trouver une solution. Car un fait demeure et demeurera : l'Ontario a des déchets nucléaires et elle devra en disposer, que cela plaise ou non.

«On ne peut pas les volatiliser, a-t-il dit. Il faut trouver une solution.»

Ce n'est pas parce que le Québec dirait non que sa voix serait entendue, cela étant.

L'indépendance du Québec ne serait d'aucun secours dans un dossier comme celui-là, pensent des libéraux. Au contraire, le Québec, dans l'état actuel des choses, peut avoir son mot à dire, ajoutent-ils. Il pourrait peser sur le cours des choses. Pensons à d'éventuelles mesures supplémentaires de sécurité.

Le projet de Chalk River est porté par les Laboratoires canadiens nucléaires, une filiale d'Énergie atomique du Canada.

Motion repoussée

À l'Assemblée nationale, la députée Martine Ouellet a mené la charge mardi et mercredi sur ce front. «Ce projet comporte des risques immenses de contamination radioactive de l'eau potable étant donné sa proximité avec la rivière des Outaouais, qui, elle-même, se jette dans le fleuve Saint-Laurent, source d'eau potable de millions de Québécois. Imaginez la rivière des Outaouais qui déborde, qui sort de son lit et qui inonde le dépotoir de déchets nucléaires! Imaginez un désastre sans précédent de contamination radioactive de l'eau à Gatineau, mais aussi en aval. Le Québec ne doit pas attendre la fin de l'évaluation pour se positionner.»

Martine Ouellet raille le ministre Heurtel, qui a déjà indiqué que son ministère «prépare un plan d'urgence nucléaire» dans l'éventualité où ce projet obtenait le feu vert et qu'un accident, un jour, survenait.

C'est parce qu'il juge qu'il est trop tôt pour se prononcer que le gouvernement Couillard a repoussé une motion présentée mardi par la députée indépendantiste. Elle demandait que «l'Assemblée nationale fasse part à la Commission canadienne de sûreté nucléaire de son opposition quant à l'emplacement de ce dépotoir de déchets nucléaires».

Plus tôt ce mois-ci, le député péquiste Sylvain Gaudreault avait invité le gouvernement Couillard à agir sans tarder. «En ne remettant pas en question le choix du site de Chalk River, le gouvernement du Québec abdique face au fédéral», avait attaqué M. Gaudreault.

Le Parti québécois réclame que le ministre confie au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, un organisme québécois, le mandat de tenir des consultations au Québec sur ce projet.

Si le projet franchit toutes les étapes avec succès, le dépotoir de déchets nucléaires de Chalk River pourrait être en activité dès 2020.




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