Guerre ouverte entre Heurtel et Anacolor

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(Québec) À la suite d'une entente que le ministère et Anacolor auraient conclu lundi, l'entreprise a qualifié mardi soir de «geste politique déloyal» la décision de David Heurtel de suspendre son certificat d'autorisation.

«Le ministre David Heurtel pose un geste de rupture qui déconsidère le processus judiciaire», peut-on lire dans un communiqué de presse diffusé mardi soir par l'entreprise de Cap-Rouge. C'est qu'une entente aurait été conclue entre les deux deux parties lundi devant le Tribunal administratif du Québec, entente que M. Heurtel aurait choisi de bafouer pour «des raisons purement politiques», indique l'entreprise dans son communiqué, auquel est jointe une copie du procès-verbal attestant l'entente.

L'accord prévoyait que l'entreprise suspendrait, au cours des 30 prochains jours, sa production pendant les périodes de récréation et de dîner de l'école Marguerite-D'Youville, et qu'une rencontre entre les procureurs des parties et leurs experts respectifs aurait lieu mercredi «afin de prévoir la mise en oeuvre de mesures concertées, dont la réalisation d'une modélisation des odeurs».

«Il est pour le moins troublant que ce ministre, qui n'est pas un juge, s'autorise aujourd'hui à mettre en péril une entreprise et ses 45 travailleurs alors qu'il y a une semaine à peine, ses propres scientifiques concluaient sans aucune ambiguïté, que les émanations d'Anacolor respectaient toutes et chacune des dispositions du Règlement sur l'assainissement de l'atmosphère.»

«Aucune démarche»

Mardi, David Heurtel a annoncé la suspension du certificat d'autorisation de l'entreprise de peinture, la forçant ainsi à réduire de moitié son niveau de production. Il indique qu'«Anacolor avait jusqu'au 1er février pour se soumettre. Il n'y a eu aucune démarche véritable pour tenter de respecter ce certificat d'autorisation. En vertu de la loi, lorsqu'un certificat d'autorisation n'est pas respecté, le ministre a le pouvoir de le suspendre. C'est ce que j'ai fait.»

Des voisins de l'usine ont déposé de nombreuses plaintes au ministère de l'Environnement (MDDELCC) en raison des odeurs qui émanent de l'usine. Certains ont ressenti des maux de tête. «On parle de santé et de bien-être de la population, a poursuivi le ministre. On parle de protection de l'environnement, de gens dans la rue et d'enfants qui doivent rester à l'intérieur parce que les enseignants jugent qu'il n'est pas propice d'aller dehors. J'ai un rapport de la Santé publique qui me dit qu'il faut agir, donc j'ai agi.»

Rappelons que parmi les conditions que le MDDELCC voulait imposer à Anacolor en date du 1er février figure l'installation d'un épurateur qui réduirait de 90 % les émissions de «composés organiques volatiles» (COV) - des substances utilisées comme solvants par l'industrie de la peinture. Mais l'entreprise conteste cette condition devant les tribunaux, arguant qu'elle respecte déjà les normes de rejets applicables.

«Manque de respect»

Lors d'un point de presse à l'hôtel de ville, le maire de Québec, Régis Labeaume, s'est réjoui de la décision de M. Heurtel, soulignant la lenteur avec laquelle l'entreprise a fini par agir sur ses odeurs et ce qu'il considère être un «manque de respect» pour son voisinage.

«Imaginez-vous donc qu'hier, à 15h38, j'ai reçu une lettre du président d'Anacolor demandant à me rencontrer. Je ne sais pas qui il est, il ne m'a jamais donné de nouvelles depuis des mois [...] et là, il était à seulement quelques heures de la suspension de son certificat. Je ne comprends pas comment fonctionnent ces gens-là. Je me demande comment ils gèrent, comment ils considèrent la communauté et les autorités gouvernementales pour s'être rendus jusque-là», a lancé M. Labeaume.

Le maire a tenu à préciser que c'est sur la base des odeurs, et non à cause de dépassements de normes, que le MDDELCC a suspendu le certificat d'Anacolor. Il y voit un signe que son administration a eu raison de laisser le provincial gérer le dossier - alors que l'opposition lui a reproché de ne pas se servir du règlement sur les nuisances pour agir.

De son côté, la porte-parole du Regroupement citoyen pour la qualité de l'air de Cap-Rouge, Stéphanie Houde, s'est dite plutôt satisfaite de la décision.




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