Anacolor encore prise en défaut

Anacolor fait l'objet de nombreuses plaintes de son... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Anacolor fait l'objet de nombreuses plaintes de son voisinage depuis 2013 à cause des odeurs qui se dégagent de ses activités.

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(Québec) En plus de ne pas avoir installé l'épurateur que l'Environnement exige, Anacolor ne traite tout simplement pas les rejets de plusieurs de ses sept cheminées pour en réduire la teneur en «composés organiques volatils» (COV) alors qu'elle devrait le faire, ont constaté des inspecteurs du ministère lors d'une visite récente à l'usine de peinture de pièces métalliques.

C'est ce qu'on apprend dans l'avis de non-conformité que l'Environnement (MDDELCC) a transmis à l'entreprise il y a quelques semaines et qu'un regroupement de citoyens du quartier a obtenu par la Loi d'accès à l'information. L'usine de Cap-Rouge, qui fait l'objet de nombreuses plaintes de son voisinage depuis 2013 à cause des odeurs qui se dégagent de ses activités, s'était vu imposer l'automne dernier d'installer avant le 1er février un épurateur qui réduirait de 90 % ses émanations de COV, des substances odorantes qui sont utilisées comme solvants par l'industrie de la peinture. Le ministère a donc inspecté l'usine le 2 février et a constaté que cette condition n'était toujours pas respectée - ce qui n'est guère surprenant puisque l'entreprise la conteste devant les tribunaux.

Mais dans le document, le MDDELCC note aussi «que seulement deux cheminées sur sept subissent un traitement des COV dont l'efficacité n'est pas démontrée [...alors que] toutes les émissions doivent être traitées». Depuis le passage des inspecteurs, l'entreprise a installé un nouvel épurateur sur deux cheminées supplémentaires, la semaine dernière, mais celui-ci ne correspond pas à ce que demande l'Environnement et la fumée des trois dernières cheminées n'est toujours pas traitée.

Rapport à venir

Il s'agit toutefois des cheminées d'où sortent le moins de COV, nuance l'ingénieur et vice-président d'Anacolor, Richard Leblanc. Le vrai test, dit-il, «va venir, ultimement, du rapport du TAGA [le «laboratoire mobile» de l'Environnement, qui fait les analyses d'air, NDLR] pour l'échantillonnage qu'il a fait fin février 2017. Ce sont ces données qui vont permettre de mesurer exactement l'impact de tous nos changements». L'entreprise a en effet remplacé plusieurs des produits qu'elle utilise et calcule qu'elle a réduit ses émissions de COV de 47 % depuis 2014. Elle a aussi modifié ses cheminées de façon à ce qu'elles poussent leur fumée plus haut afin qu'elles soient plus diluées lorsqu'elles redescendent.

Quoi qu'il en soit, ces nouveaux développements n'en sont pas moins décevants aux yeux de Stéphanie Houde, porte-parole du Regroupement de citoyens pour la qualité de l'air à Cap-Rouge. D'autant plus, note-t-elle, que l'installation d'un nouvel épurateur, la semaine dernière, a été suivie lundi d'un épisode d'odeurs particulièrement fortes à l'école primaire Marguerite-D'Youville, située à 350 mètres de l'usine et qui a gardé les enfants à l'intérieur lors des récréations pendant une semaine à cause des odeurs.

«On se demandait comment ça irait lundi, le 13 [jour où les «récrés» ont recommencé à se tenir dehors, NDLR], les parents étaient déchirés entre laisser les enfants en dedans ou les faire sortir, au risque qu'il y ait des malaises. Et quand on a su qu'un nouvel épurateur serait installé vendredi [...] on s'est dit que ça allait régler le problème, mais au retour à l'école, l'odeur était très forte et j'ai vu circuler sur les réseaux sociaux que beaucoup de parents voulaient porter plainte, dont des gens qui n'avaient jamais porté plainte avant», témoigne Mme Houde.

À l'heure d'écrire ces lignes, le MDDELCC n'avait pas répondu à un courriel du Soleil cherchant à savoir si ces intentions s'étaient transformées en plaintes réelles.

M. Leblanc signale à cet égard que si le nouvel épurateur a été démarré jeudi dernier, il est toujours en période de rodage. «Il y a toujours des variations d'un endroit à l'autre, alors la compagnie qui l'a installé vient chaque jour prendre des données et faire des ajustements. [...] C'est pour ça qu'on a toujours parlé du 1er avril pour cet épurateur-là», explique-t-il.

Il affirme que ce que rapporte Mme Houde pour les odeurs à l'école lundi dernier «ne correspond pas à nos lectures». Les analyses d'air que l'entreprise publie quotidiennement sur son site depuis deux semaines montrent qu'une forte odeur de «savon à main» (venant de produits masquants qu'Anacolor utilise maintenant) régnait aux abords de l'usine cette journée-là et qu'elle était faiblement perceptible à l'église, toute proche de l'école. Mais l'employé de l'usine qui fait ces relevés a noté une odeur de «poêle à bois» dans la cour de l'école.

Rappelons que l'«avis de non-conformité» de février est le huitième qu'Anacolor reçoit depuis 2013. Des analyses d'air réalisées par l'Environnement en 2013, 2014 et 2015 ont relevé des dépassements de normes pour les COV rejetés par l'usine. Après l'analyse de ces données, la Santé publique a conclu l'été dernier que la pollution n'est pas suffisante pour avoir des effets toxiques, mais que les odeurs pouvaient déclencher des symptômes réels (maux de tête, maux de gorge, nausée, etc.) et qu'il fallait agir rapidement.

NDLR : Une première version de cet article rapportait que les élèves de l'école primaire Marguerite-D'Youville avaient été gardés à l'intérieur pendant deux semaines, alors qu'en fait il s'agissait plutôt d'une durée d'une semaine.




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