Anacolor au pied du mur

Anacolor fait l'objet de dizaines de plaintes depuis... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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Anacolor fait l'objet de dizaines de plaintes depuis 2013 à cause des odeurs de peinture que ses activités dégagent.

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(Québec) Le ministre David Heurtel a lancé vendredi un véritable ultimatum à Anacolor. L'entreprise dispose maintenant de 15 jours pour contester les conclusions du ministère, après quoi son certificat d'autorisation pourrait lui être retiré.

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«L'idée est celle-ci : s'il ne se passe rien, visiblement, dans 15 jours, le ministre peut suspendre le permis, et suspendre le permis, ça veut dire cesser la production», a résumé Régis Labeaume, à propos de l'ultimatum lancé par le ministre David Heurtel.

Le Soleil, Caroline Grégoire

L'avis préalable à la suspension, provenant du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), a été transmis par huissier aux bureaux d'Anacolor vendredi. «David Heurtel pose ce geste aujourd'hui en vertu de la Loi sur la qualité de l'environnement, le certificat d'autorisation délivré par le MDDELCC n'étant pas respecté», peut-on lire dans le communiqué de presse émis par le ministère. Depuis mars 2013, le MDDELCC a émis huit avis de non-conformité à l'endroit d'Anacolor. 

«Je tiens à rappeler que la priorité du gouvernement dans ce dossier est la santé et le bien-être de la population ainsi que la protection de l'environnement. En conséquence, nous utilisons tout moyen que nous jugeons nécessaire et possible pour amener cette entreprise à se conformer aux exigences du certificat d'autorisation», a indiqué le ministre Heurtel.

Anacolor a rapidement répondu aux propos du ministère par son propre communiqué de presse, dans lequel elle indique vouloir «prendre connaissance de l'avis transmis par huissier aujourd'hui avant d'émettre des commentaires sur la place publique». Elle ajoute ne pas souhaiter accorder d'entrevues sur la question, «d'autant plus que le ministre ne lui a pas encore transmis les documents auxquels l'avis fait référence».

Ces documents, sur lesquels se base le MDDELCC pour émettre l'avis de suspension, devront être contestés par Anacolor dans les 15 prochains jours si l'entreprise souhaite conserver son certificat d'autorisation. Elle devra pour ce faire présenter ses propres observations.

«Je bougerais»

«Si j'étais le propriétaire d'Anacolor, je bougerais, parce que cette période de 15 jours là est critique pour eux, je pense.» C'est ce qu'a laissé entendre vendredi le maire de Québec, Régis Labeaume, lors d'une conférence de presse visant à commenter la décision du ministre David Heurtel. «L'idée est celle-ci : s'il ne se passe rien, visiblement, dans 15 jours, le ministre peut suspendre le permis, et suspendre le permis, ça veut dire cesser la production.»

Le maire Labeaume s'est dit «très heureux» de la décision du ministère, qui tombe une semaine jour pour jour après sa rencontre à Montréal avec le ministre Heurtel pour traiter du dossier d'Anacolor. «Cette décision est en droite ligne avec les discussions qu'on a eues vendredi dernier.»

«Il y a des gens qui auraient dû bouger et qui ne l'ont pas fait», a par ailleurs laissé entendre le maire de Québec, faisant référence aux huit avis de non-conformité reçus par l'entreprise depuis 2013. Après «quatre ans d'intervention, il faut qu'il se passe quelque chose. Le ministre a utilisé tous les moyens qu'il avait à sa disposition pour faire bouger Anacolor, ça n'a pas fonctionné [...]. Honnêtement, je pense qu'il a fait ce qu'il fallait faire.»

Installée dans le secteur du Vieux Cap-Rouge depuis 50 ans, l'usine de peinture pour surfaces métalliques a été l'objet de nombreuses plaintes pour relents chimiques depuis la fin de l'année 2012, moment où elle a augmenté sa production. En septembre dernier, Anacolor a contesté en cour l'obligation imposée par le MDDELCC de réduire de 90 % ses émissions polluantes. Afin de montrer patte blanche, l'entreprise publie quotidiennement les résultats de ses analyses d'air, et ce, depuis maintenant sept jours.

«Le vent souffle dans la bonne direction»

La décision du ministre David Heurtel pourrait être le signe que «le vent souffle dans la bonne direction», lance Alain Fortier, président de la commission scolaire des Découvreurs. «Si c'est une prémisse à quelque chose de mieux, on va être très content», ajoute-t-il. «On a hâte de passer à autre chose.»

C'est que les élèves de l'école primaire Marguerite-D'Youville, située à quelques centaines de mètres d'Anacolor, font partie des citoyens exposés aux émanations produites par l'usine. Après avoir dû couper court aux récréations à cinq reprises durant le mois de février à cause d'odeurs «persistantes», le conseil d'établissement a récemment pris la décision de garder les enfants à l'intérieur durant toutes les récréations et les heures de dîner jusqu'au 12 mars.

Les parents rencontrés par Le Soleil vendredi après-midi se sont eux aussi dits satisfaits de la décision du ministre Heurtel. Bien qu'il ne s'agisse que d'un avis préalable à la suspension, tous s'entendent pour dire qu'il s'agit d'un pas dans la bonne direction.




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