Tempête du 30 décembre à Sept-Îles: déracinée par les vagues

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La maison de Patrick Meissan et Carole Brodeur, située en bord de mer dans le secteur de Clarke City, n'est plus habitable et devra être détruite.

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Fanny Lévesque

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Sept-Îles) La puissance de la «bombe météorologique» du 30 décembre était à un point tel que la maison d'un couple de riverains de Sept-Îles a littéralement surfé sur une dizaine de mètres, sous la force des vagues déferlantes.

«Il n'y a plus d'électricité, plus d'eau, ce n'est plus habitable», a déploré Carole Brodeur, qui habite le secteur de Clarke City, à l'est de Sept-Îles, depuis quatre ans. «La maison a surfé sur 30, 40 pieds, il n'y a plus rien à faire, c'est une perte totale», a renchéri le conjoint de Mme Brodeur, Patrick Meissan. 

Fort heureusement, le couple n'était pas à la maison le jour où la «bombe météo» s'est abattue dans la région, forçant l'évacuation d'une vingtaine de résidences le long du littoral, dans les quartiers à l'est et à l'ouest du noyau urbain de Sept-Îles. «Ce sont des voisins qui nous ont téléphoné», précise-t-elle. 

«Après ça, j'écoutais les nouvelles pour suivre la situation et c'est là que j'ai pu voir les dégâts sur ma maison», poursuit Mme Brodeur, qui était à l'extérieur pour les vacances de Noël. Son conjoint était quant à lui au large, au travail, sur un bateau. «Je suis arrivée hier [mardi], le choc était un peu moins grand parce qu'on l'a tellement vu à la télé.» 

Chez les voisins, l'émotion a été plus grande. «C'était le 30 décembre, on se faisait une vraie journée cocooning», raconte Josée Vaillancourt, encore avec étonnement. «On s'est mis une série télé, on dévorait les épisodes les uns après les autres, un moment donné ma fille s'est levée. Elle est revenue, elle m'a dit : "Maman, il y a de l'eau dans la rue!"»

Voisins sortis d'urgence 

Mme Vaillancourt admet avoir eu un certain moment de panique, après avoir alerté les autorités. De sa fenêtre, elle a vu la maison de Carole Brodeur et Patrick Meissan se mettre à bouger. «On est sorti, j'ai dévissé des planches de la clôture et on s'est sauvé par la cour arrière, avec mes deux filles, mon chum et nos trois chiens», explique-t-elle. 

La maison lourdement endommagée des voisins a en quelque sorte servi de protection à celle de Mme Vaillancourt, qui n'a pratiquement aucun dégât. Sa famille a pu réintégrer la résidence mardi, mais l'annonce de la tempête hivernale du lendemain n'avait rien de rassurant pour eux. «On s'est relayé pour faire une veille durant la nuit», dit-elle. 

Devant la force de la deuxième tempête, la famille a choisi de partir de nouveau en avant-midi. «On n'a pas voulu rester», confie Mme Vaillancourt, qui craignait également que la route menant à son secteur devienne trop enneigée pour circuler. Quant au couple voisin, il trouve refuge à l'hôtel depuis son retour à Sept-Îles.

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La maison du couple (à gauche) a surfé sur une dizaine de mètres pour empiéter sur le terrain de leur voisine, Josée Vaillancourt (à droite).

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Séance d'information

Mais pour lui, la démolition est la seule option. «On prend ça avec le sourire», lance M. Meisson. «On n'a pas le choix d'avancer», ajoute sa conjointe. Le couple a déjà loué une résidence où il pourra habiter très bientôt. Les sinistrés rencontrés par Le Soleil participaient, mercredi soir, à une séance d'information organisée par la Ville de Sept-Îles. 

Une bonne trentaine de riverains sont venus écouter les intervenants de la sécurité civile leur expliquer le programme d'aide financière lors de sinistres réels ou imminents, ordonné par le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, la veille du jour de l'An pour les 18 municipalités touchées par la tempête du 30 décembre, dont Sept-Îles. 

La rencontre s'est déroulée dans le calme, en présence du maire, Réjean Porlier. Sept-Îles est la ville qui a subi le plus de dégâts sur la Côte-Nord avec 43 bâtiments affectés. Une dizaine de citoyens n'ont toujours pas pu réintégrer leur domicile. Huit maisons ont été «fortement endommagées» et risquent d'être déménagées ou même détruites.

Plus de peur que de mal mercredi

La tempête hivernale qui a frappé Sept-Îles, cette fois mercredi, a causé plus de peur que de mal. Les riverains ont néanmoins vécu des heures d'angoisse alors qu'Environnement Canada avait émis un avertissement d'onde de tempête pouvant causer des débordements de vagues et de l'érosion. 

La combinaison de forts vents persistants et des hautes marées est néfaste pour les rives, surtout à cette période de l'année alors que les glaces ne sont pas encore totalement prises. «Tant que ce n'est pas gelé, il y a de la vulnérabilité le long des côtes», a expliqué Robert Michaud, d'Environnement Canada.

Au plus haut de la marée vers 18h, les riverains joints par Le Soleil étaient inquiets, mais expliquaient déjà que les vagues étaient d'une moins grande intensité que le 30 décembre. La sécurité civile et la Ville de Sept-Îles ont veillé au grain dans les secteurs les plus à risque. Selon les premières estimations, la tempête n'aurait pas causé de dégâts importants.

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