Tempête dans un verre d'eau potable

Selon Mélanie Deslongchamps, directrice générale de l'Association pour... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Selon Mélanie Deslongchamps, directrice générale de l'Association pour la protection de l'environnement du lac Saint-Charles et des Marais du Nord (APEL), la région de Québec a besoin d'une nouvelle gouvernance pour arriver à sauver le lac Saint-Charles, aujourd'hui plus que jamais.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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La montagne Labeaume aurait-elle accouché d'une souris dans le dossier de la protection de sa principale source d'eau potable?

«Désolée, mais l'année 2016 n'a pas été réjouissante pour nous.» La directrice générale de l'Association pour la protection de l'environnement du lac Saint-Charles et des Marais du Nord (APEL), Mélanie Deslongchamps, est amère. Le maire de Québec avait promis un plan d'action avec beaucoup de mordant pour protéger le lac artificiel qui abreuve quelque 280 000 citoyens de Québec, de Saint-Augustin-de-Desmaures, de Wendake et de L'Ancienne-Lorette. Il a finalement déposé à la va-vite, cet automne, un document qui énumérait des mesures souvent déjà connues. «L'année a été difficile. Beaucoup de chicanes et aucun grand gain pour le lac Saint-Charles.»

Pis, au lieu d'être limité, le développement immobilier dans le bassin versant du lac a explosé, poursuit-elle. Un sursis de six mois sur l'application du règlement censé sauver la qualité de l'eau potable a engendré une course aux permis de construction : «375 permis demandés à Stoneham... quand, normalement, c'est environ 100.»

Mme Deslongchamps déplore également que les hauts cris jetés par le maire de la capitale pour dénoncer les rejets des usines d'épuration des eaux usées de Lac-Delage et de Stoneham ne se soient pas mutés en actions concrètes. Celles-ci continueront de déverser les égouts traités dans les affluents du lac Saint-Charles.

«On a besoin d'une nouvelle gouvernance pour arriver à sauver le lac Saint-Charles, aujourd'hui plus que jamais!» Elle demande d'ailleurs au ministre de l'Environnement, David Heurtel, d'intervenir en médiateur.

Élargir les autoroutes

Et pendant que les élus municipaux s'obstinaient autour du lac Saint-Charles, on annonçait l'élargissement de l'autoroute Laurentienne, on projetait un troisième lien entre les rives du fleuve, on se préparait à accroître l'étalement urbain, se désespère-t-elle. La pression sur les milieux naturels, dont le lac Saint-Charles, sera donc plus forte.

«Maudit qu'on a de la misère à comprendre comme êtres humains», acquiesce le directeur général du Conseil régional de l'environnement de la Capitale-Nationale, Alexandre Turgeon. Un troisième lien entre Québec et Lévis ne fera qu'accroître les problèmes, dit-il. «C'est un peu désolant.»

Les deux environnementalistes de Québec sont aussi sévères envers le projet du Phare, ce complexe immobilier de plusieurs tours, dont une de 45 étages et une autre de 65 étages. La concentration sur un seul terrain de tous ces logements et espaces à bureaux risque de limiter le développement du reste du boulevard Laurier, selon M. Turgeon. «Ce n'est vraiment pas gage de succès urbanistique, au contraire. On se tire dans le pied.»

Du positif, aussi!

Toujours sous l'angle environnemental, il y a néanmoins du positif en cette fin d'année : «La Ville de Québec a compris qu'il faut mettre le pied sur l'accélérateur pour les grands projets de transport en commun.» Avant de construire de nouveaux développements, il vaudrait mieux étendre le SRB pour que les futurs résidents l'adoptent d'emblée. Une fois que ceux-ci seront habitués à l'auto, il sera plus dur de les convaincre d'embarquer dans le bus, analyse Alexandre Turgeon. «Ce n'est pas un combat banal, pour l'avenir de la race humaine.»

Tout aussi positive est l'adoption d'une Vision de l'arbre 2015-2025 par la Ville afin d'accroître la canopée urbaine, fait-il valoir. 

Et le gouvernement québécois a émis de sérieuses réserves au sujet du projet rêvé par le maire et le Groupe Dallaire sur les terres agricoles des Soeurs de la Charité. La Ville devrait plutôt pousser pour développer les nombreux terrains vacants - anciennes stations-service, garages abandonnés, stationnements de surface... - du coeur de la cité avant de s'attaquer à cet héritage, juge-t-il. «Des friches urbaines, on en a en tabarouette! C'est pas chic, ces terrains-là.»

Et la météo?

L'année a commencé... au chaud, à Québec! Début janvier, le thermomètre affichait 5,3 °C. Aussi, le 10 janvier, il a plu des cordes. Mais dame Nature s'est rattrapée un mois plus tard pour la Saint-Valentin avec un glacial - 28 °C, rappelle Robert Michaud, météorologue pour Environnement Canada. Le thermomètre a continué à jouer au yo-yo par la suite : un frisquet - 4 °C en avril, un lourd 30,8 °C en août ou un étonnant 23,3 °C en octobre. Côté précipitations hors de l'ordinaire, soulignons ces orages violents du 11 juillet qui ont canardé l'île d'Orléans avec des grêlons de deux centimètres, ce qui a nui aux cultures.

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