Climat: «espoir» et appels à agir, face à l'incertitude américaine

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Le chef de l'ONU Ban Ki-moon, qui assistait à sa 10e et dernière conférence sur le climat, a «appelé tous les pays à renforcer leurs ambitions en matière de réduction de gaz à effet de serre».

AFP, Fadel Senna

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Hervé Asquin, Catherine Hours
Agence France-Presse
Marrakech, Maroc

Le chef de l'ONU a lancé un vibrant appel à renforcer la lutte contre le réchauffement climatique aux chefs d'État réunis mardi à Marrakech, mais aussi au futur président américain Donald Trump, dans tous les esprits depuis le début de la COP22.

Ban Ki-moon, qui assistait à sa 10e et dernière conférence sur le climat, a «appelé tous les pays à renforcer leurs ambitions en matière de réduction (des émissions) de gaz à effet de serre».

«Nous n'avons pas le droit de jouer avec le sort des générations futures ou de mettre en péril la survie des autres espèces qui partagent notre planète», a-t-il martelé, en ouverture de la réunion des chefs d'État ou de gouvernement.

Le secrétaire général des Nations unies avait auparavant exprimé, devant la presse, son «espoir» que Donald Trump «comprenne l'urgence de l'action sur le climat».

Devant ses homologues, le président français François Hollande a appelé les États-Unis à «respecter les engagements» pris dans le cadre de l'accord de Paris scellé fin 2015.

«Ce n'est pas simplement leur devoir, c'est leur intérêt, celui de la population américaine», a-t-il dit à la tribune, très applaudi, sous le regard de Laurent Fabius qui présida la COP21 dans la capitale française.

Quelque 80 chefs d'État ou de gouvernement avaient fait le déplacement mardi à la 22e conférence sur le climat de l'ONU, une semaine après l'élection du très climato-sceptique Donald Trump.

Étaient ainsi présents la présidente chilienne Michelle Bachelet, les émirs du Koweït et du Qatar et de nombreux Africains, salués à leur arrivée par M. Ban et par le roi du Maroc Mohammed VI.

Parmi ceux-ci, le Soudanais Omar el-Béchir, réclamé par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre au Darfour, invité par le Maroc, mais que M. Ban n'a pas accueilli.

Le secrétaire d'État américain John Kerry fera mercredi un «discours soulignant l'urgence de l'action climatique», a fait savoir son entourage.

Il est «peut-être encore plus important» d'être à Marrakech maintenant, avait dit M. Kerry, après l'élection de Trump à la tête des États-Unis, le deuxième pollueur mondial.

Le magnat new-yorkais, qui pendant sa campagne avait qualifié le réchauffement climatique de «canular» et de complot chinois, puis promis d'«annuler» l'accord de Paris et de relancer la production américaine de charbon, n'a encore rien dit sur ce thème depuis son élection.

«Zone de danger»

Son élection surprise, au deuxième jour de la COP22, a plongé dans la stupeur ses participants, qui attendent de voir ce que le républicain compte faire.

Pour le moment, 110 États, dont les États-Unis, la Chine, l'Union européenne, l'Inde et le Japon, ont ratifié l'accord qui a vu la communauté internationale s'engager à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (issus pour l'essentiel des énergies fossiles : gaz, pétrole, charbon).

Une dizaine, dont l'Australie, l'ont fait depuis la désignation de Donald Trump.

Parmi les grands émetteurs de ces gaz, la Russie manque encore à l'appel.

La communauté internationale s'est engagée à limiter à bien en deçà de 2°C la hausse du réchauffement, susceptible, au-delà, d'avoir un impact désastreux et irréversible pour les hommes comme pour les écosystèmes.

Mais les engagements actuels, pris par les États dans le cadre de l'accord de Paris, «ne nous sortent pas de la zone de danger», a souligné M. Ban.

Pour cela, les «émissions mondiales devront atteindre leur pic d'ici à 2020, puis décliner rapidement», a-t-il rappelé, appelant notamment à «l'élimination des subventions aux énergies fossiles afin d'accélérer la transition vers des énergies propres».

Les subventions accordées chaque année aux énergies fossiles (allègements fiscaux, soutiens à l'activité pétrolière, etc.) ont dépassé 500 milliards de dollars (2010), selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

À Marrakech jusqu'à vendredi, les délégations tentent d'avancer sur les procédures permettant de suivre et de renforcer les engagements nationaux.

Pays développés et en développement doivent en outre s'accorder sur la «feuille de route» garantissant que les premiers verseront bien aux seconds l'aide promise pour soutenir leurs politiques climatiques.

Sur ce point aussi, les dirigeants seront attendus pendant ces deux jours, en particulier mercredi pour une journée consacrée aux financements.

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